Phobos, l'une des lunes de Mars, "fait pleuvoir" des atomes et molécules ionisés provenant de l'atmosphère de sa planète mère, selon une étude récente.
Image : Vue d'artiste du vaisseau spatial japonais MMX, qui étudiera les lunes martiennes Phobos et Deimos. (JAXA/NASA)
Ces ions ont probablement échappé à l'atmosphère martienne au cours des derniers milliards d'années, tandis que la planète perdait progressivement son enveloppe gazeuse.
Selon les chercheurs, le régolithe de Phobos recèle des informations précieuses sur l'évolution de l'atmosphère martienne. Mars possédait autrefois une atmosphère dense capable de retenir de l'eau liquide en surface. Aujourd'hui, elle n'est plus qu'une fine couche, cent fois plus ténue que celle de la Terre.
Phobos et sa jumelle Deimos sont de petites lunes orbitant à seulement 6 000 km de Mars. Phobos est cent fois plus petite que notre Lune. Leur origine reste débattue : astéroïdes capturés ou débris d'un impact géant ?
Pour trancher, la JAXA lancera en 2024 la mission MMX vers Phobos afin de collecter des échantillons de sol et de les rapporter sur Terre. Le chercheur Quentin Nénon recommande un atterrissage sur la face toujours orientée vers Mars, où 20 à 100 fois plus d'ions atmosphériques martiens se sont déposés que sur l'autre hémisphère.
Cette conclusion provient des données de la sonde MAVEN (NASA), en orbite martienne depuis 2014. MAVEN a traversé l'orbite de Phobos à plusieurs reprises, mesurant masses et vitesses des ions. Ainsi, les ions solaires légers ont été distingués des ions martiens plus lourds. Ces mesures ont permis d'estimer le flux d'ions atteignant la surface de Phobos et leur profondeur d'implantation dans le régolithe.
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