Une tumeur de mélanome peut développer une résistance au traitement, expliquant l'échec ultérieur d'une thérapie anticancéreuse initialement efficace.

Le mélanome développe une résistance à l'immunothérapie anticancéreuse.
Le mélanome est fréquemment traité par immunothérapie, qui stimule le système immunitaire du patient pour cibler et éliminer les cellules tumorales. Cette approche est efficace contre les métastases, mais son effet reste temporaire. Les patients peuvent initialement voir le cancer devenir latent, avant une rechute due à la perte d'efficacité du traitement.
Des chercheurs de l'Université de Bonn expliquent ce phénomène dans un article publié cette semaine dans la revue Nature : lors de la réponse inflammatoire induite par la thérapie, les cellules tumorales modifient temporairement leur apparence, se rendant ainsi invisibles au système immunitaire et développant une résistance.
Les scientifiques ont étudié des souris génétiquement modifiées porteuses d'un mélanome. Grâce à des cellules T cytotoxiques, ils ont d'abord éradiqué les tumeurs via une réponse immunitaire réussie. Cependant, avec le temps, l'efficacité a diminué et les tumeurs ont réapparu, comme chez les patients humains.
Les cellules de mélanome changent d'apparence en réaction à l'inflammation thérapeutique, échappant temporairement au système immunitaire avant de contre-attaquer lors d'une phase de "calme". "Les cellules tumorales se comportent comme des loups dans la peau de moutons", déclare le chercheur principal Marcel Renn dans Nature.
Ces résultats, transposables à l'humain, ouvrent des perspectives pour de nouveaux traitements anticancéreux. "Il faut mobiliser une plus grande variété de cellules de défense et supprimer la réponse inflammatoire pour empêcher les tumeurs de se cacher", précisent les chercheurs. Le développement d'un tel traitement prendra toutefois plusieurs années. (ks)
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