Les enfants dont le cerveau traite moins efficacement la parole lisent également moins bien, selon des chercheurs américains de la Northwestern University. Ils proposent des aides auditives pour contrer la dyslexie.

Les enfants dyslexiques présentent souvent une réponse cérébrale moins cohérente à la parole, un "marqueur" biologique identifié par des scientifiques américains. Des aides auditives pourraient prévenir ou atténuer ce trouble.
Des chercheurs de la Northwestern University ont mis en évidence un mécanisme biologique clé dans l'apprentissage de la lecture. Chez 100 enfants scolarisés, ils ont enregistré les ondes cérébrales pendant que l'enseignant parlait en classe. Résultat : une réponse cérébrale plus régulière et précise à la parole est systématiquement associée à de meilleures compétences en lecture. Inversement, les réponses les plus faibles correspondent aux pires performances.
Bonne nouvelle : cette déficience n'est pas irréversible. Les scientifiques ont équipé les enfants d'appareils similaires à des prothèses auditives. Connectés sans fil au micro de l'enseignant, ces dispositifs transmettaient directement sa voix aux oreilles des enfants. Résultat : le cerveau a appris à mieux se concentrer sur les sons pertinents, ignorant les bruits parasites. Les réponses neurales sont devenues plus cohérentes, et les compétences en lecture se sont améliorées.
Après un an d'utilisation, les bénéfices persistent sans appareil : le cerveau réagit mieux à la parole et la lecture s'améliore durablement. "Cette réponse moins cohérente concerne de nombreux enfants dyslexiques, bien que pas tous", explique la professeure Nina Kraus, responsable de l'étude. "Mieux comprendre ces mécanismes biologiques permettra d'optimiser l'apprentissage de la lecture normale et d'intervenir efficacement en cas de dysfonctionnement." L'étude est publiée dans le Journal of Neuroscience en 2020.
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