Les bactéries du vagin chez les femmes accouchant prématurément diffèrent de celles observées chez celles qui vont à terme.

Des chercheurs de l'Université de Stanford révèlent, dans la revue PNAS, que la flore vaginale des femmes accouchant avant terme se distingue nettement de celle des grossesses à terme (après 37 semaines).
Dans une étude portant sur 49 grossesses, les scientifiques ont analysé la flore bactérienne vaginale. « Au lieu de la communauté dominée par Lactobacillus, typique et protectrice, nous avons identifié chez certaines femmes une flore appauvrie en Lactobacillus, enrichie en espèces comme Gardnerella et Ureaplasma », explique le Pr David Relman, auteur principal. « Ces altérations étaient détectables dès le début de la grossesse chez celles qui ont accouché prématurément. Si confirmé, ce microbiote anormal pourrait signaler un risque élevé d'accouchement prématuré. »
Le lien causal reste à élucider : les bactéries déclenchent-elles l'accouchement prématuré, ou reflètent-elles un autre facteur ? « Elles pourraient provoquer une inflammation des membranes fœtales ou du placenta, ou migrer dans le liquide amniotique, induisant des contractions. Un effet indirect via des hormones est aussi plausible », précise Relman.
« Identifier ce risque via un suivi du microbiote vaginal permettrait d'intervenir précocement pour le réduire », ajoute-t-il. Les prématurés risquent des complications respiratoires ou cognitives. En cas de causalité prouvée, une restauration de la flore par probiotiques bénéfiques serait envisageable.
Globalement, 15 millions de naissances prématurées surviennent annuellement dans le monde, causant plus d'un million de décès néonatals. En Belgique, selon le Centre d'épidémiologie périnatale (SPE), 7,4 % des naissances sont prématurées (6,4 % pour les grossesses uniques, 59,6 % pour les multiples). En 2014, environ 4 000 enfants sont nés avant 37 semaines. (ddc)