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Dysphorie de genre chez les enfants : traitements précoces et témoignages authentiques

La transgenre Kaat fait ses débuts dans le feuilleton belge populaire Thuis diffusé sur One. Ce personnage vise à briser le tabou entourant les personnes transgenres.

Dans Thuis, le personnage Franky Bomans, après une opération de réassignation sexuelle aux États-Unis, vit désormais en tant que femme sous le nom de Kaat. Ce rôle met en lumière les défis des transgenres.

Dans le dernier numéro d'Eos Psyche & Brein, un article détaillé sur les enfants transgenres est proposé. Relisez ci-dessous un article publié dans Eos en 2011.

De l'enfance à l'âge adulte : le sentiment d'être piégé dans le mauvais corps

Les transgenres adultes ont souvent ressenti dès leur plus jeune âge un malaise profond face à leur corps. De nombreux experts recommandent un traitement dès 12 ans, avant les changements irréversibles de la puberté.

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Résumé

  • Des études aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Flandre indiquent que 0,3 à 0,8 % des personnes ressentent fortement une incongruence entre leur sexe biologique et leur identité de genre.
  • Les spécialistes proposent un protocole en étapes : dépistage approfondi, inhibiteurs de puberté, puis hormones du genre désiré, et enfin chirurgie si nécessaire.
  • Certains parents et experts plaident pour une approche plus individualisée.

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Il y a vingt-deux ans, une adolescente de 13 ans, accompagnée de son père furieux, consulta l'endocrinologue pédiatrique Henriette Delemarre-van de Waal au VUmc d'Amsterdam. « Elle était en détresse, expliquant être un garçon dans le mauvais corps. Ses seins naissants la terrifiaient », se souvient la professeure à Leiden, utilisant toujours le pronom « il » selon le ressenti de l'enfant.

Le problème de la dysphorie de genre existe depuis toujours et dans toutes les cultures.

Expérimentalement, des inhibiteurs de puberté furent prescrits pour stopper les développements féminins. À 17 ans, des hormones masculines induisirent barbe, voix grave et musculature. Une chirurgie génitale suivit. Aujourd'hui, cet homme de 35 ans est épanoui. D'autres cas similaires ont suivi, validant cette approche au VUmc.

Un phénomène ancestral

La grande majorité des personnes nées garçons s'identifient comme hommes, et vice-versa. Mais pour les dysphoriques de genre, l'esprit et le corps entrent en conflit insurmontable. Bien que les causes biologiques restent méconnues, Jos Megens, coordinateur du centre VUmc, note : « Ce malaise transcende les époques et cultures. » La transsexualité est la forme extrême ; le travestisme, plus modéré.

Chez les enfants, les signes sont clairs et persistants. Peggy Cohen-Kettenis, professeure et directrice du centre : « Dès 4 ans, certains garçons veulent se mutiler, les filles questionnent l'absence de pénis. »

Du noir et blanc

Daniel, aujourd'hui 15 ans et identifié comme garçon, fut une enfant « garçon manqué » : escalade, voitures, skate. Sa mère le laissait libre. À 6 ans, l'angoisse émergea ; la puberté aggrava tout : seins, règles. Après aveu, soutien maternel et orientation vers Transvisie, puis VUmc pour inhibiteurs.

Les inhibiteurs offrent un répit psychologique, évitant les caractères sexuels indésirables.

Daniel assume son identité masculine à l'école malgré brimades initiales. Soutien familial et scolaire a suivi. Bastiaan Frans (Transvisie-Schorer) : « L'acceptation des pairs dépend de l'information. »

Troubles associés

Cohen évalue via entretiens et observation. Certains enfants bénéficient d'une psychothérapie pour gérer l'anxiété, sans viser à changer l'identité. Chez 80 %, la dysphorie s'estompe à la puberté ; pour les 20 % persistants, intervention médicale.

Vers un nouveau corps

Prévalence : 1/10 000 hommes vers femme, 1/30 000 femmes vers homme. Le sexe est déterminé génétiquement : gonades, organes génitaux, puis hormones à la puberté.

Dysphorie de genre chez les enfants : traitements précoces et témoignages authentiques

Les adultes reçoivent d'abord hormones croisées, testent le rôle social, puis chirurgie. Défis : voix, pilosité, taille. Hormones à vie post-opératoires. Megens : « Succès médical, mais défis sociaux. »

Gonades inactives

Autrefois, hormones dès 16-18 ans. Cohen et Gooren avancèrent à 16 ans avec succès. Delemarre testa inhibiteurs sur 4 cas : réversibles, ils préservent options.

Densité osseuse

Protocole VUmc (2002) : inhibiteurs dès 12 ans pour cas sévères, hormones à 16 ans. Avantages : répit psychologique, meilleurs résultats esthétiques. Conditions strictes : diagnostic précoce, stabilité familiale, compréhension des risques (infertilité, hormones viagères). Suivi trimestriel. Études positives ; densité osseuse compensée par hormones.

Adopté mondialement (WPATH, Endocrine Society).

Sur le fil du rasoir

Daniel, sous inhibiteurs depuis 4 mois, stoppe les changements féminins : « Plus de règles, bientôt testostérone ! » Soutien psychosocial essentiel pour défis quotidiens.

Chirurgie de réassignation sexuelle : en bref

Homme vers femme
Testicules retirés, pénis inversé en vagin avec clitoris sensible. Résultat naturel, rapports possibles.

Femme vers homme
Ovaires/utérus enlevés, vagin fermé. Options : métaidioïplastie (petit pénis) ou falloplastie (plus grand, prothèse possible).

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