Une innovation permet de détecter précocement cette pathologie discrète chez les femmes enceintes.
Mise à jour : Katrien Benhalima a remporté le prix du public de la PhD Cup.
Imaginez être enceinte, aux prises avec des nausées, et devoir vous rendre à l'hôpital à jeun pour avaler une boisson sucrée qui vous retourne l'estomac. Inconfortable, n'est-ce pas ? Jusqu'à récemment, c'était la méthode standard pour dépister le diabète gestationnel chez les futures mamans.
Le diabète gestationnel est une forme de diabète qui apparaît durant la grossesse. Bien qu'asymptomatique, il est traitable s'il est détecté tôt. Sans prise en charge, il accroît les risques d'accouchement prématuré, de césarienne, de macrosomie fœtale et de complications respiratoires néonatales.
Après l'accouchement, mères et enfants présentent un risque accru de développer un diabète de type 2. D'où l'importance d'un dépistage et d'un traitement précoces.
Nous avons développé une méthode de test aussi efficace que le test de glycémie à jeun pour la majorité des femmes, tout en évitant ce test stressant à un plus grand nombre d'entre elles. Grâce à nos recherches, de nouvelles recommandations seront publiées l'an prochain en Flandre pour le dépistage du diabète gestationnel.
Pour optimiser le dépistage, j'ai conduit une étude auprès de 2 000 femmes enceintes, en collaboration avec 7 hôpitaux belges. Il s'agit de la plus vaste étude belge sur le sujet.
Nos résultats révèlent que 1 femme sur 8 est touchée, contre 1 sur 20 auparavant. Cette hausse s'explique par la sensibilité accrue de notre méthode, alignée sur les critères de l'OMS : glycémie à jeun systématique avec seuils abaissés.

Cette approche recommandée par l'OMS repose sur un test de glycémie à jeun pour toutes les grossesses, avec des seuils diagnostiques plus bas.
Problème : ce test de 2 heures est coûteux et chronophage. Nombre d'hôpitaux flamands privilégient encore l'ancienne méthode en deux étapes.
Entre 24 et 28 semaines, un test de charge en sucre court (1 heure post-boisson sucrée, sans jeûne préalable) est réalisé. En cas d'anomalie, un test oral de glycémie de 3 heures suit, avec dosages à jeun et post-prandiaux.
Avantage : seuls les cas suspects passent au test long. Inconvénient : sous-détection du diabète gestationnel.
Beaucoup de futures mamans, comme Elisabeth (26 semaines de grossesse), détestent le jeûne et vomissent souvent lors du test long, faussant les résultats.
Nos données confirment : nausées, vomissements et vertiges sont deux fois plus fréquents au test long. Les femmes préfèrent massivement le test court. Idéalement, nous voudrions un dépistage fiable sans test long systématique.
Manquaient des données sur la combinaison test court + jeûne OMS. Nous avons testé les deux sur toutes les participantes (résultats du court masqués).

J'ai élaboré une stratégie hybride : test court initial, suivi du test jeûne OMS seulement si nécessaire. Ainsi, plus de la moitié des femmes évitent le test contraignant, tout en détectant fiablement le diabète chez la plupart. Cela accélérera les diagnostics et traitements, prévenant macrosomie et prématurité.
Grâce à ces travaux, de nouvelles guidelines flamandes verront le jour l'an prochain, rendant le dépistage plus simple. Bonne nouvelle pour les futures mamans : moins de risques de test difficile !
Katrien Benhalima (sciences médicales, KU Leuven / UZ Leuven / FWO) a été nominée pour la Flemish PhD Cup 2018 pour ces recherches sur le dépistage. Votez ICI.