De nouveaux tests antidrogue détectent les drogues de synthèse dangereuses et jusqu'alors indétectables.
Certaines drogues de synthèse sont particulièrement dangereuses et échappaient aux dépistages traditionnels. De nouveaux tests y mettent fin. Autrefois, il fallait connaître précisément la substance pour la détecter ; ce n'est plus le cas. La Belgique signe ainsi une première mondiale.
Au cours des dix dernières années, plus de 700 nouvelles drogues de synthèse ont envahi le marché européen. Cette explosion met les laboratoires de toxicologie sous pression pour identifier ces substances potentiellement mortelles. Les tests classiques ciblent des structures chimiques spécifiques, mais les drogues de synthèse, à composition variable, leur échappent.
Les drogues de synthèse sont difficiles à détecter, ce qui booste leur popularité
Dans ma thèse, j'ai développé une solution innovante : détecter les drogues via leur mode d'action dans l'organisme. Cela permet d'identifier toutes les substances d'une même classe, même inconnues. Nous sommes les premiers à utiliser des cultures cellulaires vivantes pour le dépistage toxicologique. Les résultats excellents ouvrent la voie à une commercialisation et une diffusion mondiale.
Les drogues de synthèse imitent les effets de drogues classiques (cannabis, opioïdes) mais diffèrent structurellement. Les producteurs clandestins modifient leur composition pour contourner lois et tests, initiant un bras de fer avec les autorités.
Les fabricants ajustent régulièrement les formules pour éviter la détection, surtout quand la structure est inconnue des tests standards.

Leur indétectabilité favorise leur diffusion, mais ces substances sont risquées. Contrairement aux médicaments pharmaceutiques, testés des années, elles arrivent sans contrôle de pureté, efficacité ou sécurité.
Les usagers servent de cobayes, exposés à des effets secondaires graves, voire mortels. Souvent plus puissantes que les originaux, elles augmentent le risque de surdose.
La crise des opioïdes aux États-Unis illustre le danger : des dizaines de milliers de décès récents impliquent des opioïdes synthétiques, alternatives à la morphine et l'héroïne.
Pour dépasser les limites des labos, nos tests, issus de l'Université de Gand, se basent sur les effets des drogues, non leur structure.
Premiers à employer des cultures cellulaires vivantes, nous utilisons des cellules modifiées exprimant les récepteurs ciblés par ces drogues.
L'explosion de nouvelles substances met les laboratoires sous pression immense
Un échantillon (sang/urine) contenant une drogue de synthèse active ces récepteurs, produisant un signal lumineux mesurable. Ce principe mime l'action dans le cerveau humain.
Ma thèse a ciblé deux groupes : analogues synthétiques du cannabis (groupe majeur) et opioïdes synthétiques (plus létaux). Les deux tests excellent, malgré les différences structurales et la puissance accrue. Une application commerciale est à l'étude.
Ces tests innovants contrent la diversité croissante des drogues de synthèse en se focalisant sur l'activité, non la structure.

Ils sapent les stratégies des trafiquants, rendant traçables ces substances insaisissables. Cela limite la toxicité et dissuade par une meilleure détectabilité.
Annelies Cannaert (sciences pharmaceutiques, UGent - NICC) est nominée pour la Flemish PhD Cup 2018. www.phdcup.be