Jusqu'à récemment, aucun traitement efficace n'existait contre le mésothéliome pleural, communément appelé cancer de l'amiante. Mais des avancées prometteuses émergent.
En Belgique, environ 300 nouveaux cas de cancer de l'amiante sont diagnostiqués chaque année. Bien que l'amiante soit interdit depuis plus de 20 ans, le nombre de patients continue d'augmenter. Heureusement, des recherches menées à l'Université d'Anvers démontrent que l'immunothérapie, déjà efficace contre certains cancers, pourrait s'appliquer au mésothéliome.
Les cellules cancéreuses exploitent les points de contrôle immunitaires pour inhiber notre système immunitaire. Chez les patients cancéreux, ces points sont suractivés, déséquilibrant la réponse immunitaire. Nos cellules immunitaires sont alors freinées, permettant aux tumeurs de proliférer.

Photo : L'immunothérapie bloque les points de contrôle, réactivant les cellules immunitaires (jaunes) pour attaquer la cellule cancéreuse (verte).
Le blocage des points de contrôle empêche l'évasion des cellules cancéreuses.
Pour restaurer l'équilibre, l'immunothérapie utilise des molécules bloquant ces points de contrôle, libérant ainsi le système immunitaire. Cette approche a déjà prouvé son efficacité contre le cancer du poumon et le mélanome.
Nos analyses de biopsies de patients atteints de mésothéliome ont révélé la présence des mêmes points de contrôle que dans le cancer du poumon et la peau. Cela ouvre des perspectives thérapeutiques majeures.

Photo : Les cibles immunothérapeutiques (en brun) identifiées dans les biopsies de mésothéliome.
Deux nouvelles cibles identifiées pavent la voie à des traitements innovants.
Nous avons également découvert deux points de contrôle inédits dans le mésothéliome, potentiellement applicables à d'autres cancers. En laboratoire, nous avons co-cultivé cellules tumorales et immunitaires de patients, traitées par immunothérapie. Les résultats montrent une activation significative des cellules immunitaires, y compris via ces nouvelles cibles.
Pour approfondir ces mécanismes, des études en cours sur des modèles murins de mésothéliome comparent les effets de ces thérapies.
Elly Marcq, nominée pour la Flemish PhD Cup, dirige ces recherches pionnières à l'Université d'Anvers.