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Préserver la masse musculaire en apesanteur : une étude prometteuse sur la SSI

Préserver la masse musculaire en apesanteur : une étude prometteuse sur la SSI

Durant un voyage spatial de longue durée, les muscles subissent une atrophie sévère due à l'apesanteur. Malgré les entraînements intensifs des astronautes, cet effet reste majeur. Une nouvelle étude menée sur des souris à bord de la Station spatiale internationale (SSI) révèle un moyen innovant de contrer ce phénomène. Des rongeurs génétiquement modifiés ont maintenu, voire amélioré, leur masse musculaire après un mois en orbite, revenant sur Terre avec une musculature impressionnante.

Les chercheurs, publiant dans la revue PNAS, montrent que l'inhibition d'une voie de signalisation cellulaire spécifique – la voie myostatine/activine A – protège contre la perte de masse musculaire et osseuse. Cette voie intervient dans la communication cellulaire : une protéine se lie à la surface cellulaire, déclenchant une cascade de réactions internes. En la bloquant, l'impact destructeur de l'absence de gravité est neutralisé.

Maintenir et réparer les tissus musculaires

Comme attendu, les souris témoins ont perdu jusqu'à 18 % de leur masse musculaire et osseuse. Chez les souris fortement mutées, la perte était quasi nulle à leur retour. De plus, un traitement post-retour par inhibiteur a accéléré la récupération musculaire par rapport aux témoins. Ces résultats pourraient prévenir l'atrophie chez les astronautes lors de missions vers Mars, et bénéficier aux personnes immobilisées sur Terre, comme celles en fauteuil roulant, affirment les auteurs.

L'expert en tissus musculaires squelettiques Gerben Schaaf (Erasmus MC Rotterdam) commente : « C'est une excellente étude avec de solides groupes témoins. Inhiber la myostatine semble limiter la perte musculaire et la dégradation osseuse en apesanteur. Reste à vérifier si cela s'applique aux humains et si c'est nécessaire. La masse musculaire des souris se régénère en deux semaines post-retour, indépendamment du traitement, mais l'os des témoins ne récupère pas aussi vite. Cette recherche ouvre des perspectives sur les changements osseux permanents chez les astronautes. »

Schaaf ajoute : « Depuis 2004, les inhibiteurs de myostatine sont étudiés pour les troubles musculaires, mais la plupart stagnent en phases précoces d'essais cliniques. On ignore encore leur efficacité et sécurité chez l'humain, surtout à long terme pour un voyage martien. Néanmoins, cette étude éclaire la perte musculaire et osseuse en espace. »

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