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Mission OSIRIS-REx : La NASA récolte des échantillons sur Bennu en autonomie totale à 335 millions de km

La NASA collecte actuellement des échantillons de l'astéroïde Bennu, situé à 335 millions de kilomètres de la Terre. L'opération s'effectue en totale autonomie, sans intervention humaine sur place.

La mission OSIRIS-REx : Collecte d'échantillons sur l'astéroïde Bennu

Lancé en 2016, le vaisseau spatial OSIRIS-REx est arrivé à proximité de Bennu en 2018. Cet astéroïde, un vestige primitif de l'espace, se trouve à environ 335 millions de kilomètres de la Terre. L'objectif est de prélever au moins 60 grammes (jusqu'à 2 kg) d'échantillons de régolithe et de les rapatrier sur Terre. En cas de succès, il s'agirait de la plus importante quantité de matière extraterrestre ramenée depuis les missions Apollo. Le vaisseau a quitté Bennu en 2021 pour un retour prévu en septembre 2023.

Mission OSIRIS-REx : La NASA récolte des échantillons sur Bennu en autonomie totale à 335 millions de km

Bennu, relique du Big Bang

Le nom Bennu évoque la divinité égyptienne du soleil, de la création et de la renaissance – un choix pertinent pour cet astéroïde, fragment massif issu de la formation de notre système solaire. L'analyse de ses échantillons promet de révéler les origines de notre cosmos.

Un astéroïde de la taille de l'Empire State Building

D'un diamètre de 500 mètres, Bennu évoque la hauteur de l'Empire State Building. OSIRIS-REx orbite autour du plus petit objet jamais exploré de si près. Les échantillons proviennent du site Nightingale, une zone rocheuse de 16 mètres de diamètre dans l'hémisphère nord, comparable à une surface de réparation de football. Sélectionné pour sa richesse en matériau et sa relative accessibilité, ce site est entouré de blocs imposants. Une carte des hazards guide la navigation pour éviter les obstacles.

Contrôle autonome à 335 millions de km

À 335 millions de km, les signaux mettent 20 minutes à transiter : un contrôle en temps réel est impossible. OSIRIS-REx opère donc en pleine autonomie pour toucher le sol et collecter les échantillons. Cette prouesse technique, exacerbée par la pandémie de COVID-19 favorisant la distanciation, ouvre des perspectives pour l'exploration spatiale future.

Navigation par reconnaissance d'images

Le système Natural Feature Tracking (NFT) compare les images en temps réel à un catalogue embarqué, identifiant les zones dangereuses. Des points de contrôle permettent des ajustements ou une annulation si nécessaire.

Récolte comme une abeille : la manœuvre TAG

Absence de gravité notable sur Bennu : le 20 octobre 2020, OSIRIS-REx a exécuté une manœuvre Touch-And-Go (TAG) avec un bras robotique, aspirant le régolithe comme une abeille butinant une fleur. Durée totale : moins de 5 heures dans un espace restreint.

À la recherche des origines de la vie

Les échantillons de Bennu, vieux de 4,5 milliards d'années, pourraient contenir des molécules organiques similaires à celles de la Terre primitive. Astéroïdes et comètes ont likely apporté eau et carbone lors de bombardements anciens. Contrairement à la Terre, érodée par la tectonique, Bennu préserve intact l'héritage de notre système solaire.

Vers des stations-service spatiales

Traces d'eau détectées sur Bennu : essentiel pour l'humanité multiplanétaire. Extraire l'eau in situ réduirait les coûts prohibitifs du lancement terrestre. Elle sert à la vie des astronautes et au carburant (via décomposition en hydrogène/oxygène).

Produire du carburant de fusée dans l'espace permet de voyager plus loin et à moindre coût qu'en le transportant depuis la Terre.

L'exploitation minière des astéroïdes à l'horizon

Bennu recèle platine, or et minéraux rares vitaux pour l'électronique (smartphones, ordinateurs). Les techniques testées préfigurent l'exploitation lunaire et astéroïdale. Avec la réutilisation des fusées, l'impression 3D et l'entrée des privés, la rentabilité approche.

Bennu heurtera-t-il la Terre ?

Bennu, potentiellement dangereux, présente 1 chance sur 2 700 de collision entre 2175 et 2199. Sa trajectoire précisément connue permet d'affiner les modèles de déviation orbitale.

Ce que Bennu nous enseigne sur nous-mêmes

L'espace nous relie : les atomes de notre ADN proviennent d'étoiles mortes. Nous sommes poussière d'étoiles, laissant derrière nous nos accomplissements terrestres.


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