La plupart des études sur les vaccins et traitements contre le COVID-19 se concentrent sur la prévention ou la guérison de l'infection. Pourtant, ces interventions peuvent aussi raccourcir significativement la durée de contagiosité d'une personne infectée.
Cet impact ne doit pas être sous-estimé, selon une analyse approfondie menée par PHICOR (Public Health Informatics, Computational, and Operations Research), une équipe de chercheurs des universités de New York et de Los Angeles.
Pour évaluer l'effet d'un raccourcissement de la période infectieuse, l'équipe PHICOR a développé un modèle informatique simulant la propagation du SARS-CoV-2, virus responsable du COVID-19. Ce modèle analyse comment un vaccin ou un médicament réduisant la contagiosité pourrait atténuer les conséquences cliniques et économiques de l'épidémie.
Les simulations indiquent qu'une réduction de seulement une demi-journée de la période infectieuse pourrait éviter 1,4 million de cas et plus de 99 000 hospitalisations, générant des économies de 209,5 milliards de dollars en coûts directs et indirects. Ces estimations reposent sur un traitement d'un quart des symptomatiques et des hypothèses conservatrices sur la transmission virale. Une réduction de 3,5 jours préviendrait jusqu'à 7,4 millions de cas. À 75 % de couverture thérapeutique, ce chiffre grimpe à 29,7 millions de cas évités et 856 milliards de dollars économisés.
Les chercheurs soulignent une tendance à négliger les interventions ne prévenant pas l'infection initiale. Cette étude démontre pourtant que même des modifications modestes de la durée contagieuse ont un impact majeur sur la transmission, évitant des millions de cas et des milliards de dépenses.
Ce modèle computationnel oriente les priorités de recherche et d'investissement pour des vaccins ou traitements ciblant la réduction de la contagiosité du SARS-CoV-2. Il aide aussi les agences publiques à planifier leur déploiement et à évaluer les coûts associés.
