L'hématologue Tessa Kerre, chef de clinique à l'UZ Gent, admire deux héroïnes scientifiques : Marie Curie, la plus grande de l'histoire, et Jane Davis, pionnière de la lecture thérapeutique. Dans notre podcast, elle évoque leurs parcours inspirants et ses recherches avancées en immunothérapie, un traitement innovant contre le cancer.
Tessa Kerre dirige la clinique d'hématologie de l'UZ Gent et est maître de conférences à l'Université de Gand. Titulaire d'un mandat clinique fondamental du FWO depuis près de 15 ans, elle excelle en thérapie cellulaire et immunothérapie, qui active le système immunitaire pour combattre le cancer. Impliquée en recherche fondamentale, soins cliniques et évaluation de la qualité, elle est connue via Top Doctors 2020. Elle a créé Immuno-T, une BD animée expliquant simplement l'immunothérapie à ses patients. Un véritable touche-à-tout, à l'image de Marie Curie.
« Marie Curie était l'héroïne scientifique par excellence »
Marie Skłodowska-Curie (1867-1934) reste l'une des plus grandes scientifiques. Première femme Nobel, unique à en recevoir deux : physique en 1903 avec Pierre pour la radioactivité, chimie en 1911 pour le radium et polonium.
Ses découvertes ont révolutionné science et médecine : radiographies pour fractures et tumeurs, radium en oncologie. Ses innovations sauvent encore des millions de vies.

Héroïne de guerre, pendant la Première Guerre mondiale, elle déploie des unités mobiles de radiologie (« petites Curies ») pour X-ray les blessés, localisant balles et fractures.
« Marie avait non seulement de la cervelle, mais aussi des tripes »
Son succès est remarquable malgré les obstacles. Brillante Polonaise, interdite d'université chez elle, elle étudie à Paris à 24 ans après avoir financé sa sœur. À la Sorbonne, elle excelle en physique, chimie, maths, liant recherche fondamentale et appliquée.
À Paris, elle épouse Pierre, garde son nom Skłodowska, devient Marie Skłodowska-Curie. Pionnière, elle brise le plafond de verre pour les femmes scientifiques.

Elle décède en 1934 à 67 ans d'une leucémie due à l'exposition radioactive non protégée.
« Jane Davis m'a montré que la littérature peut améliorer les soins de santé »
Jane Davis, érudite britannique peu connue, a transformé des milliers de vies, dont celle de Tessa Kerre. Elle a fondé The Reader, formant des bénévoles à la lecture partagée en maisons de retraite, prisons, etc., pour discuter émotions. Inspirant The Readers Collective en Belgique.
Issue d'un milieu difficile à Liverpool, la lecture fut son refuge. À l'Université de Liverpool, elle développe cette thérapie.

Tessa Kerre applique ces principes : projet à l'UZ Gent liant 20 étudiants en santé à 20 patients cancéreux via lecture individuelle. Soulageant, créant liens et empathie durables.
« Un patient cancéreux n'est pas une tumeur sur pattes, mais un être humain. Les soins doivent rester humains »
La confiance médecin-patient est clé. La numérisation progresse mais déshumanise ; l'art et la lecture contrebalancent. Lire développe l'empathie. L'UZ Gent lance le fonds Princesse Delphine pour intégrer l'art en soins, présidé par Tessa Kerre.
« Les patients doivent pouvoir expliquer leur traitement en leurs mots »
Les patients doivent comprendre leurs soins. Tessa Kerre crée Immuno-T et le livre Immune to Cancer ? (mai 2021) pour clarifier l'immunothérapie complexe.
En savoir plus sur l'immunothérapie ? À partir de la minute 39 dans le podcast.