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Dépistage du cancer du poumon et sevrage tabagique : une alliance indispensable pour sauver des vies

La médecin et journaliste Marleen Finoulst a publié une chronique critique sur le dépistage du cancer du poumon. Le groupe de travail flamand sur le dépistage du cancer du poumon répond : « La question n'est plus de savoir si, comment et qui doit être dépisté, mais quand nous pourrons mettre cela en œuvre. »

Imaginez : vous êtes un homme ou une femme d'âge moyen, ayant fumé un paquet de cigarettes par jour pendant trente ans. Il y a dix ans, après de grands efforts, vous avez arrêté. Un jour, une toux persistante révèle du sang sur votre oreiller. Des examens, dont un scanner, confirment un cancer du poumon avancé. Malgré les meilleurs traitements, vous décédez six mois plus tard. Un dépistage précoce aurait-il pu changer la donne ?

Ce scénario tragique, fréquent chez les ex-fumeurs, est omis dans la chronique de Marleen Finoulst publiée dans Eos. Nous saluons son engagement à promouvoir les pratiques médicales fondées sur des preuves. Cependant, son article recent omet l'essentiel à nos yeux.

Le dépistage ne prévient pas le cancer, mais détecte et traite la maladie à un stade précoce. Près de 75 % des patients avec un cancer du poumon de stade 1 survivent cinq ans après diagnostic, contre seulement 3 % pour le stade 4. Ces taux surpassent même ceux du cancer du sein, pourtant dépisté nationalement.

Récemment, des essais cliniques randomisés européens sur le dépistage par scanner thoracique à faible dose chez fumeurs et ex-fumeurs ont été publiés. Comparés au NLST américain, ils ont inspiré des méta-analyses. Une revue systématique de 7 études (86 486 patients) a conduit l'US Preventive Services Task Force à qualifier les preuves de « élevées ». Trois méta-analyses (7-8 études, >80 000 participants) montrent une réduction de 17-19 % de la mortalité par cancer du poumon après 10 ans en moyenne. L'absence de réduction de la mortalité toutes causes confère est due à la conception des études, non dimensionnées pour cela – nécessitant des centaines de milliers de participants, irréaliste.

Conseils pour arrêter de fumer

Marleen Finoulst a raison : l'arrêt du tabac prévient le cancer et d'autres maladies. Le dépistage ne le remplace pas, mais l'intègre pleinement. Les ex-gros fumeurs à haut risque, non besoin de conseil antitabac, restent ciblés.

Des simulations coût-efficacité européennes confirment la rentabilité. Le risque radio-induit est minime : techniques ultra-faibles doses équivalent à une radiographie standard. L'algorithme volumétrique réduit les faux positifs ; l'IA améliorera encore la précision.

Image négative

La question n'est plus si, comment ou qui, mais quand en Europe, où les obstacles persistent, dont l'image stigmatisante du cancer du poumon. Une enquête inédite de l'Université d'Anvers montre même l'intérêt des non-fumeurs.

En Flandre, abandonnons le scepticisme : investissons dans la TDM volumétrique à faible dose alliée au conseil antitabac. Pour fumeurs et ex-fumeurs, c'est une chance vitale ; pour les premiers, un déclic à l'arrêt.

Jan van Meerbeeck, Kristiaan Nackaerts, Annemiek Snoeckx, Guido Van Hal, Jan Bosmans, pour le groupe de travail flamand sur le dépistage du cancer du poumon.

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