Le « jeûne intermittent » est une tendance populaire. Des stars comme Jennifer Aniston ou Vanessa Hudgens en sont adeptes, tout comme de nombreuses personnalités flamandes qui le recommandent pour perdre du poids. Mais est-ce vraiment une approche saine ?
Cette vérification des faits a été réalisée par des étudiants en journalisme de la KU Leuven en collaboration avec les rédacteurs d'Eos. Elle est également publiée sur factcheck.vlaanderen.
Dans un régime classique, vous jeûnez naturellement plusieurs heures entre votre premier et dernier repas. Le jeûne intermittent prolonge cette période en alternant phases de restriction alimentaire (peu ou rien) et phases d'alimentation libre. Les protocoles varient : jeûne alterné (un jour sur deux), jeûne sur 24-48 heures quelques jours par semaine, ou alimentation limitée dans le temps (ex. : 16/8, manger en 8 heures).
Le jeûne promet une longévité accrue, une meilleure cognition et une perte de poids sans sport. Certaines études le soutiennent, mais leurs limites doivent être prises en compte avant toute généralisation.
La majorité des preuves provient d'études sur rongeurs, montrant une baisse de l'insuline, de la graisse corporelle, du rythme cardiaque, de la tension artérielle, et une meilleure résistance au stress et au diabète.
Chez l'humain, les essais sont rares, avec moins de 50 participants, sur de courtes durées, et limités à des adultes jeunes ou d'âge moyen en surpoids. Les scientifiques tempèrent : ces bénéfices ne sont pas garantis chez tous.
Faute d'essais à long terme, les effets chroniques restent méconnus. Michaël Sels, diététicien-chef à l'UZA, précise : « Les variantes diffèrent (ex. : 5:2 vs 16/8), et leurs impacts ne sont pas identiques. »
Le Pr Greet Vansant (KU Leuven) alerte : « Jeûner plusieurs jours consécutifs ralentit le métabolisme, réduisant la perte de poids à long terme. Mieux vaut une alimentation variée, hypocalorique. Une étude montre une reprise de poids avec le jeûne intermittent, contrairement à la restriction calorique régulière. »
Les formes modérées comme le 16/8 poussent souvent à sauter le petit-déjeuner, maintenant un métabolisme basal bas trop longtemps, ce qui est préjudiciable.
Des études indiquent un impact négatif sur la maîtrise de soi : la contrainte temporelle incite à surconsommer. « Les gens mangent énormément en peu de temps ou grignotent par pression avant le jeûne, ignorant leur faim réelle », note Sels.
Dans un essai sur jeûne alterné, la faim persistait. 38 % des participants ont abandonné un protocole. Pour les grignoteurs, cela peut aider temporairement, mais sans pratique saine et durable, cela perturbe la relation à la nourriture.
La science n'a pas prouvé la nocivité systématique du jeûne intermittent, mais les experts mettent en garde contre ses risques métaboliques, sa difficulté de maintien et ses effets psychologiques. Privilégiez un mode de vie actif et une alimentation équilibrée. Le jeûne n'est bénéfique que s'il est modéré et ne fait sauter aucun repas. Il ne convient pas à tous.
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