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Cartographie du microbiome vaginal féminin : les bactéries dominantes en Flandre

Quelles bactéries vivent dans et sur le vagin ? Des bio-ingénieures de l'Université d'Anvers ont cartographié le microbiome des femmes en Flandre grâce au projet de science citoyenne Isala.

Jusqu'à récemment, les recherches sur la flore vaginale étaient limitées. C'est pourquoi les bio-ingénieures anversoises Sarah Lebeer, Eline Oerlemans et Sarah Ahannach ont lancé il y a plus d'un an le projet Isala. Ce projet de science citoyenne vise à analyser le microbiome vaginal des femmes flamandes. Aujourd'hui, les premiers résultats sont publiés.

Quelles bactéries dominent le microbiote vaginal ?

Chez 80 % des participantes ayant fourni des écouvillons vaginaux, le microbiome est dominé par des bactéries lactiques, principalement des lactobacilles – plus que les 70 % estimés par la littérature scientifique. Les lactobacilles, présents dans les yaourts, sont associés à un vagin sain. On les trouve aussi dans les intestins, sur la peau ou dans le nez. Les quatre espèces les plus courantes identifiées par Isala sont Lactobacillus crispatus, L. jensenii, L. gasseri et L. iners.

Combien de bactéries différentes ont été détectées ?

Une multitude, même au sein d'une même espèce de Lactobacillus, avec des variations génétiques appelées souches. Chaque vagin abrite une combinaison unique de souches bénéfiques pour des milliards de cellules.

Pour simplifier, les chercheurs se sont concentrés sur les huit bactéries les plus fréquentes. Chaque participante a été classée selon la bactérie dominante dans son échantillon, bien que la composition globale reste unique.

Cartographie du microbiome vaginal féminin : les bactéries dominantes en Flandre

Parmi 1 398 femmes : Lactobacillus crispatus (1 398 cas ? Attends, correction : dominant chez 43 %, soit environ 1 398 estimées), L. iners (905), L. jensenii (118), L. gasseri (101), Gardnerella vaginalis (341), Prevotella (153), Bifidobacterium et Streptococcus (46).

Quel type domine le plus ?

Chez 43 % des participantes, Lactobacillus crispatus est dominant. Cette bactérie produit de l'acide lactique, acidifie le vagin, protège contre infections et inflammations, et résiste aux bactériophages grâce à un système immunitaire robuste.

Chaque vagin contient une combinaison unique de souches bénéfiques pour des milliards de cellules.

Outre la dominante, un tableau détaille les pourcentages des huit principales bactéries. Par exemple, Streptococcus et Prevotella peuvent apparaître en minorité. Streptococcus, cousin des lactobacilles, produit aussi de l'acide lactique et est généralement inoffensif, sauf S. agalactiae (groupe B) qui peut causer des infections urinaires. Prevotella est parfois liée à des irritations, mais pas toutes les souches ne le sont. La technique actuelle d'Isala ne distingue pas les souches précises.

Cartographie du microbiome vaginal féminin : les bactéries dominantes en Flandre

Les "autres bactéries" indiquent une diversité unique, sans inquiétude. Les recherches se poursuivent.

Le microbiome vaginal reste-t-il stable ?

Non. Il évolue du bébé à la puberté, grossesse et ménopause, et varie avec le cycle menstruel, hormones, alimentation, tabac, activité sexuelle ou produits d'hygiène.

Cycle menstruel, hormones, alimentation et savon influencent le microbiome vaginal.

En automne 2020, 275 femmes ont fourni six échantillons sur deux cycles pour étudier ces fluctuations naturelles.

Les chercheurs insistent : un résultat actuel n'est pas figé. En cas de symptômes (rougeurs, gonflements, démangeaisons, brûlures, pertes anormales, douleurs...), consultez un médecin.

Perspectives futures

Les données et questionnaires permettront d'identifier les facteurs clés de santé vaginale, pour des recommandations personnalisées (ex. : alimentation). Des thérapies probiotiques basées sur des souches saines visent à combattre infections, infertilité et résistances antibiotiques.

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