Mâcher un simple chewing-gum après une chirurgie cardiaque stimule le tractus gastro-intestinal. Les patients se rétablissent plus vite, se sentent mieux et quittent l'hôpital plus tôt.
Une équipe de chercheurs a analysé un large cohort de patients opérés du cœur entre 2017 et 2020. Le groupe interventionnel, composé de 341 patients, a reçu un chewing-gum sans sucre dès l'extubation. Il a été comparé à 496 patients témoins sans chewing-gum. Résultat : nettement moins de complications chez les mâcheurs de gomme.
Seulement 2 patients du groupe chewing-gum (0,59 %) ont développé un iléus postopératoire, caractérisé par l'arrêt des contractions musculaires intestinales entraînant une accumulation et un blocage alimentaire. Chez les non-mâcheurs, ce taux atteint 17 patients (3,43 %). Le chewing-gum "trompe" les intestins : la mastication signale l'arrivée imminente de nourriture, relançant leur activité. Faible risque et coût modique obligent, les auteurs plaident pour son adoption standard post-chirurgie.
Le Pr Robert Klautz, professeur de chirurgie cardiothoracique au Centre médical universitaire de Leyde : « Il est passionnant de dénicher des interventions simples et peu coûteuses pour optimiser les soins. Attention toutefois : cette étude repose sur un groupe témoin historique. D'autres facteurs ont pu influencer positivement la reprise digestive post-chirurgie cardiaque. »
« Par exemple, l'évolution des analgésiques opioïdes ou anesthésiques peut affecter le retour de la motilité intestinale. Au final, résultat intrigant, mais un essai randomisé contrôlé est nécessaire : répartition aléatoire des patients en deux bras, chewing-gum vs placebo. »
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