Que se passe-t-il lorsque des cellules cérébrales humaines sont greffées dans le cerveau de souris de laboratoire ?
Des chercheurs belges ont réussi à transplanter des milliers de cellules cérébrales humaines dans le cerveau de souris. Ces cellules non seulement survivent, mais se développent et établissent des connexions fonctionnelles avec les neurones murins environnants. Elles sont même capables d'envoyer et de recevoir des signaux électriques.
Des expériences similaires ont déjà été réalisées avec des cellules gliales humaines, qui constituent le tissu de soutien du cerveau, ainsi qu'avec des organoïdes – des mini-organes cultivés in vitro à partir de cellules souches. Ces structures s'intègrent parfaitement dans le cerveau des souris.
Les scientifiques précisent que ces greffes ne rendent pas les animaux plus "humains". Les cellules transplantées se développent comme elles le feraient dans un cerveau humain, indépendamment de leur hôte murin. Cela ouvre des perspectives de recherche prometteuses : tester des traitements contre la maladie d'Alzheimer in vivo, étudier le développement de l'autisme ou les mécanismes de la schizophrénie, sans recourir à des essais sur humains. Bien que les modèles murins soient couramment utilisés, ils présentent des limites, comme en témoigne l'échec de nombreux médicaments anti-Alzheimer efficaces chez la souris mais inefficaces chez l'homme.
Y a-t-il un risque que ces souris "pensent" comme des humains ?
Les chercheurs estiment qu'il n'y a aucun danger que des animaux dotés de cellules humaines partielles adoptent un comportement ou une cognition humaine. Toutefois, des questions surgissent : que se passerait-il avec des primates ou une greffe de cerveau entier ? Des cadres éthiques stricts sont indispensables pour encadrer ces avancées, évitant toute dérive tout en favorisant des recherches innovantes.
La recherche biomédicale peut-elle se passer d'expérimentation animale ? Découvrez-le dans notre podcast "Demandez-le", disponible sur votre plateforme préférée.
Tester des médicaments sur des animaux reste un sujet sensible. Existe-t-il des alternatives sans animaux ? La neurobiologiste Liesbeth Aerts (KU Leuven et VIB) répond :