"De quoi parles-tu dans PMS ?" Cette expression, courante chez les anglophones, est souvent utilisée pour minimiser les sautes d'humeur d'une femme avant ses règles. Mais qu'est-ce que le syndrome prémenstruel (SPM) ? Et que savons-nous des troubles menstruels ?
Les étudiantes en psychologie Liese Opsomer et Tilia Linthout, de l'Université de Gand, consacrent leur mémoire de maîtrise à ce sujet. Leur intérêt est né d'expériences personnelles. « Il y a trois ans, un diagnostic de thrombose sous-claviculaire m'a obligée à arrêter ma contraception. Je me suis soudain sentie complètement déséquilibrée, plus triste et malheureuse sans raison apparente, mais pas tous les jours. En suivant mes symptômes, j'ai remarqué qu'ils surgissaient chaque mois, quelques jours avant mes règles. Cela correspondait à la description du SPM », raconte Liese.
Tilia s'étonne du manque de recherches sur les troubles menstruels : « J'étais déjà active au sein d'Anticoncept, une association de sensibilisation à la contraception. Ce mémoire vise aussi à éclairer le SPM. J'ai souvent vu des troubles menstruels minimisés, alors que je me comporte différemment un quart du mois. »
Le SPM regroupe des symptômes physiques, psychologiques et comportementaux apparaissant 1 à 2 semaines avant les menstruations, puis s'estompant après. Ils varient de légers à sévères, voire invalidants.
Les hormones jouent un rôle clé, mais le diagnostic repose sur le lien entre symptômes et cycle menstruel, non sur des dosages hormonaux. Les mécanismes précis des fluctuations hormonales sur les émotions restent méconnus.
Quand ces troubles impactent la vie quotidienne ? « On me dit souvent que j'exagère, que ça fait moins mal que je ne le dis », confie Tilia. « Au Japon ou en Indonésie, le congé menstruel existe. Pas chez nous : les douleurs ne justifient pas d'arrêter de travailler. On doit ignorer la souffrance tandis que nos hormones s'agitent. »
Même sans douleurs physiques, le fardeau psychique est lourd : manque de motivation, énergie, pensées dépressives ou suicidaires. Avant les règles, stress et ruminations augmentent.
« Ces jours-là, les hormones prennent le dessus. J'avais l'impression de spectatrice de ma vie, perdant le contrôle de mes émotions, stress et pensées négatives », explique Liese.
Le manque de reconnaissance du SPM laisse de nombreuses femmes sans traitement. D'où ces plaintes ? Comment varient-elles dans le cycle ? « Notre étude comble ces lacunes », dit Tilia.
Une étude innovante et à grande échelle examine fluctuations de stress, émotions et pensées négatives chez femmes avec et sans SPM. « Les participantes évaluent des photos via webcam ; des algorithmes analysent anonymement les expressions faciales pour une objectivité maximale », précisent Liese et Tilia. Plus de 300 participantes déjà, mais 200 de plus sont nécessaires !
Cette étude en ligne se fait chez soi. Aidez à combler les lacunes sur SPM et menstruations ! Consultez ce lien pour plus d'informations et participer.