Les penalties font l'objet de discussions passionnées chez les fans de football et les analystes télévisés. Pourtant, la tâche semble simple : frapper le ballon sur une courte distance, sans pression directe des défenseurs, vers un but de 7,32 m de large. Le gardien doit rester à 11 mètres. Lionel Messi a ainsi échoué face au gardien islandais lors de la Coupe du monde 2018, tandis que Zlatan Ibrahimović et Kevin De Bruyne ont envoyé leur tir au-dessus cette saison. Comment expliquer ces échecs ?
Le mental – stress et circonstances – compte autant que la technique. Une étude menée par l'Université de Twente le confirme scientifiquement. Pour la première fois, l'activité cérébrale a été mesurée en conditions réelles sur un terrain de football. Vingt-deux participants ont tiré des penalties dans des scénarios variés : but vide, avec gardien influençant psychologiquement, avec ou sans récompense. Ils portaient un casque fNIRS (spectroscopie proche infrarouge fonctionnelle) pour scanner leur cerveau.
"Les joueurs performant sous pression activent prioritairement les zones motrices du cerveau, comme le cortex moteur", explique le Dr Nattapong Thammasan, responsable de l'étude. Cela est logique pour un geste technique. En revanche, les tireurs ayant raté sous la même pression activaient davantage le cortex préfrontal : "Ils réfléchissaient trop aux conséquences d'un échec, ce qui altérait leurs performances."
Cette recherche valide l'importance du mental et ouvre des perspectives : la technologie fNIRS pourrait entraîner les joueurs à mieux gérer la pression, et même s'appliquer à d'autres domaines comme la chirurgie cérébrale.
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