Les hallucinations chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont liées à une connectivité altérée dans le réseau fronto-temporal du cerveau. Ces découvertes ouvrent la voie à une meilleure prédiction et atténuation de ces symptômes.
Près de la moitié des patients parkinsoniens souffrent régulièrement d'hallucinations, souvent la sensation de quelqu'un derrière soi. Chez certains, elles surviennent hebdomadairement ou quotidiennement, s'aggravant avec la progression de la maladie. Elles augmentent les risques de psychose, de démence et de mortalité.
"Certains patients reconnaissent ces expériences comme des hallucinations et conservent un bon discernement de la réalité", explique la professeure Odile van den Heuvel, psychiatre et spécialiste en neuropsychiatrie à l'Amsterdam UMC. "D'autres vivent des hallucinations plus intenses, comme des intrus chez eux ou des sensations sous les couvertures, générant peur et réactions impulsives."
Les origines précises des hallucinations chez les parkinsoniens restent méconnues. Une équipe internationale a utilisé un dispositif robotique pour induire des hallucinations et analyser l'activité cérébrale. 56 patients parkinsoniens et 49 témoins sains ont participé. Les sujets contrôlaient un bras robotique de leur main, tandis qu'un tisonnier reproduisait les mouvements en retard sur leur dos, créant l'illusion d'une présence extérieure. Les participants étaient placés en IRM fonctionnelle pour observer les activations cérébrales.
Durant les hallucinations induites, le réseau fronto-temporal – impliqué dans les émotions, l'empathie et la motivation – s'activait chez tous. Chez les parkinsoniens, les connexions neuronales y étaient plus faibles que chez les témoins. La force de ces connexions prédisait la sévérité des hallucinations et le déclin cognitif.
Selon la Pr. Van den Heuvel, divers facteurs déclenchent ces symptômes : doses élevées de lévodopa ou d'antagonistes dopaminergiques, ou infections. Ils régressent souvent à la réduction médicamenteuse.
Ces résultats pourraient améliorer le diagnostic des hallucinations parkinsoniennes et inspirer des thérapies ciblant ce réseau cérébral.
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