La Belgique est l'un des pays européens les plus touchés par les embouteillages. Au laboratoire de neurobiologie du VIB/KU Leuven, des chercheurs ont révélé des parallèles inattendus entre ces congestions routières et la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative.
Et si les embouteillages sur nos routes belges et la SLA partageaient des mécanismes communs ? Cette analogie peut surprendre, mais elle éclaire des dysfonctionnements cruciaux au niveau cellulaire.
Notre réseau routier comprend autoroutes, routes régionales et locales pour transporter personnes et marchandises. Les cellules corporelles disposent d'une infrastructure similaire pour le transport intracellulaire de protéines, lipides, ADN, ARN, lysosomes (nettoyage cellulaire) et mitochondries (centrales énergétiques). Ce « réseau routier cellulaire » repose sur filaments d'actine et microtubules, ces derniers agissant comme des autoroutes. Des protéines motrices (kinésine et dynéine) y acheminent les cargaisons, à l'image de voitures et camions.
La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neuromusculaire progressive et incurable où les motoneurones meurent. Ces cellules relient le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) aux muscles. Sans signaux, les muscles s'atrophient, entraînant des troubles moteurs et communicatifs. À un stade avancé, les muscles respiratoires cèdent, causant le décès. Les patients survivent en moyenne 3 à 5 ans post-diagnostic. Environ 10 % des cas sont héréditaires, dus à des mutations génétiques.

Les axones, longues extensions des motoneurones (jusqu'à plus d'un mètre), transmettent les signaux électriques vers les muscles. Pour leur survie, ces cellules géantes dépendent du transport axonal : microtubules et protéines motrices acheminent nutriments et organites du soma (corps cellulaire) vers les axones périphériques. Ce processus est vital et vulnérable dans la SLA.
Au laboratoire de neurobiologie (VIB/KU Leuven), nous étudions les formes héréditaires de SLA. Des mutations dans trois gènes (FUS, TARDP et C9orf72) perturbent le transport axonal. À partir de cellules cutanées de patients et témoins sains, nous générons des cellules souches pluripotentes induites (iPSC), puis des motoneurones in vitro. Une marque fluorescente cible les mitochondries pour observer leur transport au microscope.
Des mutations dans les gènes FUS, TARDP et C9orf72 altèrent le transport axonal, essentiel aux motoneurones.

Identifier ces dysfonctionnements est une étape clé pour développer traitements et thérapies contre la SLA. Nos chercheurs ont testé des inhibiteurs HDAC6, qui fluidifient les microtubules en réduisant les obstacles – comme élargir des autoroutes. D'autres approches visent à optimiser les protéines motrices, équivalent à dégager les véhicules bloqués.
Les travaux récents des professeurs Ludo Van den Bosch et Philip Van Damme (VIB/KU Leuven), publiés récemment, ouvrent des perspectives pour la SLA et d'autres maladies neurodégénératives.
Une avancée scientifique n'implique pas un traitement immédiat : le développement thérapeutique prend des années. Pour toute question, contactez patienteninfo@vib.be.
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