L'hormonothérapie soulage efficacement les symptômes de la ménopause. Pourtant, de nombreuses femmes et médecins hésitent à l'envisager. Sûre et bénéfique, elle combat non seulement les bouffées de chaleur, mais prévient aussi l'ostéoporose, les maladies cardiovasculaires et potentiellement la démence, assure le gynécologue Herman Depypere, expert reconnu en la matière.
"Pourquoi une femme devrait-elle souffrir ?", s'insurge à plusieurs reprises Herman Depypere lors de notre entretien à l'hôpital universitaire de Gand. Spécialiste de la ménopause et du traitement hormonal substitutif (THS), où œstrogènes et progestérone compensent leur déficit post-ménopause, il souligne : "L'impact des hormones est sous-estimé." Des patientes se plaignent de douleurs lors des rapports sexuels ou de prise de poids, et reçoivent des réponses désorçonnantes de certains gynécologues. "C'est inadmissible ! L'hormonothérapie les soulage parfaitement."

Gynécologue à la clinique des femmes de l'UZ Gent, Président de l'Association Belge de la Ménopause, chercheur en ménopause, THS, dépistage/prévention du cancer du sein et de la démence.
Il provient principalement de l'étude WHI de 2002, liant THS à un risque accru de thrombose et cancer du sein. Réanalyse : participantes âgées (moyenne 63 ans), fumeuses, obèses, hypertendues ; doses synthétiques surdosées ; pas de symptômes de ménopause. "Cette étude a créé une aversion mondiale : 6 femmes sur 10 ont stoppé. Médecins et pharma s'en sont détournés ; peu enseigné en formation."
'Les notices des médicaments hormonaux n'ont pas été ajustées depuis vingt ans.'
Oui, pour doses orales élevées (thrombose) ou début tardif post-60 ans (AVC, thrombose, démence si vaisseaux endommagés ; cancer sein pour synthétiques fortes). Mais aujourd'hui : doses faibles, hormones bio-identiques (17-bêta-estradiol), topiques (gel/spray) – risque limité. Consensus international : prescrire aux symptomatiques, avec mammographie bisannuelle.
Antécédents de cancer du sein. Sinon, indiquée même sans symptômes pour prévention (démence chez APOE4, cardio). Futur : tests sanguins personnalisés. Pas nécessaire si santé optimale.
"Obsolètes ! Retirez-les. THS aide douleurs articulaires (60% des femmes). Notices inchangées depuis 20 ans : surdosage oral appliqué aux topiques. Mise à jour urgente." Exemple : patiente 70 ans soulagée par topique vaginal, après peur de notice.
'Beaucoup de femmes reçoivent le mauvais traitement : antidépresseurs pour symptômes ménopausiques.'
5-10 ans sûrs (études). Faible dose possible à vie. Pas d'arrêt à 6 mois !
Hormones bio-identiques (17-bêta-éstradiol des ovaires) : patch, spray, gel, pilule.
Bouffées (77%), raideurs articulaires, palpitations, fatigue, insomnie. Incontinence impérative (vaginal 2x/sem). Humeur : indirect (sommeil), ou direct si début dépression ménopausique. Souvent mal traitée (antidépresseurs inutiles).
Quelques années (51 ans moyenne). Cycle irrégulier, puis aggravation : peau/cheveux fins, vagin sec, ostéoporose, hypercholestérolémie, HTA, rigidité vasculaire, cerveau.
'Arrêter la pilule à 50 ans.'
Masquent symptômes. Arrêt pilule 50 ans (risque thrombotique) ; tester FSH. DIU hormonal : garder pour progestatif, ajouter œstrogènes.
Phytoœstrogènes (soja...) : preuves limitées. Nouveau non-hormonal anti-bouffées bientôt. Vitamines : D si carence ; alimentation prioritaire.
'Alimentation saine > vitamines.'
Objectif : 50-60% des femmes traitées. En NL/BE : directives obsolètes.
Podcast période : questions taboues sur règles. Ép.4 : Annemie (51 ans) et transition émotionnelle. Autres ici.
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