Une hypothèse répandue attribue à Christophe Colomb l’introduction de la syphilis, maladie sexuellement transmissible, en Europe via ses expéditions en Amérique. Cette théorie reste contestée. Des études récentes ont détecté l’ADN de la bactérie Treponema pallidum, agente de la syphilis, dans des squelettes datant du Moyen Âge.
L’Europe fut frappée par une épidémie dévastatrice de syphilis dès 1495. Les soldats français, lors du siège de Naples, contractèrent la maladie, qui se propagea ensuite sur le continent, causant environ cinq millions de décès. La théorie colombienne suppose que ces soldats furent infectés par des mercenaires espagnols ayant ramené la maladie d’Amérique quelques années plus tôt.
La théorie précolombienne affirme, elle, que la syphilis existait en Europe bien avant Colomb. En 2000, des paléontologues anglais ont identifié des traces de la maladie sur des squelettes antérieurs à sa naissance. Une étude publiée en 2020 dans Current Biology confirme cela : une équipe de vingt scientifiques a analysé neuf squelettes des Pays-Bas, d’Estonie et de Finlande, y détectant l’ADN de Treponema pallidum, d’autres tréponèmes, ainsi que des pathogènes de framboesia (aujourd’hui tropicaux) et d’une maladie disparue.
Johannes Krause, co-auteur, conclut que Colomb aurait dû introduire plusieurs souches, ou que les germes étaient déjà présents en Europe – option la plus plausible. Si ces découvertes d’ADN ancien sont saluées, certains chercheurs critiquent la datation au radiocarbone (1400-1600), trop large pour exclure définitivement l’hypothèse colombienne. Les recherches se poursuivent.
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