L'ancien professeur néerlandais Don Poldermans s'est rendu coupable de négligence et a produit des rapports scientifiquement incorrects, selon un comité d'enquête indépendant.

Cette conclusion émane d'une enquête approfondie sur cinq études menées par l'interniste et médecin vasculaire de l'Erasmus MC, licencié en novembre 2011.
Le licenciement de Poldermans fait suite à des soupçons de non-respect des normes scientifiques dans ses recherches. Le comité a établi que les données de 169 patients avaient été fabriquées au sein de son groupe de recherche.
Les publications examinées figurent également dans les thèses des doctorants, mais celles-ci ne sont pas invalidées. Le comité considère que les doctorants occupaient une position de dépendance vulnérable vis-à-vis de Poldermans, avec un aperçu limité de ses méthodes de travail et peu d'opportunités de les contester.
Certaines revues où Poldermans a publié sont informées de ces conclusions. Deux articles s'appuient sur une base de données contenant des données fictives. Le comité, après analyse médico-légale par des experts en TIC, écarte l'hypothèse d'une fabrication postérieure visant à discréditer les travaux : les données fictives étaient bel et bien utilisées dès l'origine.
Cette affaire a porté un préjudice majeur à la réputation du groupe de recherche. Pour l'heure, le reste de l'œuvre scientifique de Poldermans n'est pas examiné, sauf en cas de nouveaux éléments convaincants.
Interrogé par de Volkskrant, Poldermans qualifie les conclusions du comité de « manifestement incorrectes, suggestives et inutilement préjudiciables ».