FRFAM.COM >> Science >> sciences naturelles

IceCube en Antarctique : aucune trace de neutrino stérile malgré 100 000 événements analysés

Les physiciens scrutent les neutrinos stériles dans de nombreux laboratoires sans succès pour l'instant. Le détecteur géant IceCube, situé au pôle Sud, n'a rien détecté non plus.

Le Modèle standard, qui décrit toutes les particules et forces fondamentales connues, recense trois types de neutrinos, associés respectivement à l'électron, au muon et au tauon. Plusieurs experts espèrent l'existence d'une quatrième espèce, le neutrino stérile, qui n'interagirait pas via la force nucléaire faible – responsable de la désintégration radioactive. Ce neutrino émergerait par oscillations, le phénomène bien établi permettant aux neutrinos de changer de type (électronique, muonique ou tauique).

Une analyse minutieuse de deux ensembles indépendants de données d'IceCube, en Antarctique, apporte une nouvelle décevante : parmi plus de 100 000 neutrinos capturés dans la glace, aucune signature d'une quatrième espèce n'a été observée. « Le neutrino stérile se comporte un peu comme Elvis », commente Francis Halzen, directeur belge de la recherche IceCube. « Les théoriciens voient des indices partout, mais rien ne confirme son existence. »

Certaines voix, dont des théoriciens belges, restent prudentes. IceCube a surtout collecté des neutrinos muoniques issus des collisions de rayons cosmiques dans l'atmosphère haute, et non des neutrinos électroniques, mieux détectés près des réacteurs nucléaires.

Les chercheurs espèrent encore le dénicher, notamment via une expérience en cours au réacteur BR2 du Centre d'Étude de l'Énergie Nucléaire (SCK CEN) à Mol.

[]