Le cyanure de potassium est un poison redoutablement efficace, tristement célèbre pour sa toxicité.

Il y a quelques semaines, lors de l'audience finale du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye, l'ancien commandant croate de Bosnie Slobodan Praljak s'est suicidé en public en avalant le contenu d'une petite fiole contenant du cyanure de potassium. Il s'est effondré peu après.
Des chercheurs sud-coréens ont découvert la même substance toxique – ou du moins son principe actif, le cyanure – dans le mécanisme de défense d'une bactérie commune dans les sols et les eaux douces : Chromobacterium piscinae. Cette bactérie utilise le cyanure pour contrer un de ses prédateurs, Bdellovibrio bacteriovorus HD100, connu pour pénétrer ses victimes et les digérer de l'intérieur. Le cyanure parvient à stopper HD100, mais ne le tue pas complètement.
Le mécanisme de défense de C. piscinae est conditionné : le poison n'est produit que dans un environnement riche en nutriments. Les microbiologistes suspectent que la bactérie puise dans ces ressources pour synthétiser le cyanure. Cette découverte pourrait avoir des implications majeures en médecine. Si d'autres bactéries adoptent des stratégies similaires, dépendantes de leur milieu microbien, certaines résistances aux antibiotiques pourraient passer inaperçues, car les chercheurs négligent souvent l'environnement bactérien.