Seule une petite fraction de la masse de l'univers est constituée de matière visible et identifiable. Le reste, la fameuse "matière noire", demeure un mystère. Des physiciens proposent désormais d'examiner les roches profondes pour percer ce secret.
Pour élucider la nature de la matière noire, jamais observée directement, les scientifiques ont formulé plusieurs théories. Parmi elles, les WIMPs (Weakly Interacting Massive Particles, ou particules massives faiblement interactives en français) sont des candidates privilégiées. Ces particules ne interagiraient avec la matière ordinaire que par la force nucléaire faible (responsable de la désintégration bêta) et la gravité, qui est extrêmement faible comparée aux autres forces.
Les WIMPs sont traquées depuis des années via des détecteurs installés dans des laboratoires souterrains à travers le monde. Sans succès à ce jour. Traditionnellement, ces instruments scrutent de grands volumes de matériaux denses pendant de longues périodes, dans l'espoir qu'une WIMP heurte un noyau atomique et révèle sa présence.
Une équipe de physiciens polonais et suédois avance une méthode alternative et potentiellement plus efficace. Selon eux, les WIMPs pourraient laisser des traces dans d'anciennes roches, sur des milliards d'années, en modifiant de façon permanente leur structure cristalline – à condition qu'elles existent et interagissent avec le matériau.
Ces traces doivent toutefois être distinguées du "bruit" généré par les rayons cosmiques ou les particules radioactives. Les chercheurs suggèrent d'analyser des roches très profondes, jusqu'à 10 kilomètres sous la surface terrestre, où seules les WIMPs pourraient pénétrer.
Selon leurs calculs, cette approche multiplierait par cent les chances de détection par rapport aux détecteurs actuels. Reste à voir quand la première WIMP sera identifiée dans une telle roche.
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