Fin novembre 2016, le vol LaMia 2933 s'écrase en Colombie, faisant 71 morts parmi les 81 occupants. Pourtant, six passagers ont survécu. Comment est-ce possible ?
Les accidents d'avion sont de plus en plus rares. Selon l'Association du transport aérien international (IATA), en 2015, un seul accident s'est produit pour 3,1 millions de vols. Cette performance exceptionnelle témoigne des progrès réalisés dans une industrie centenaire transportant des passagers à grande vitesse dans un environnement hostile. Mais qu'est-ce qui détermine la survie de certains passagers sur un même vol ?
Le premier facteur est la survivabilité intrinsèque de l'accident. Certains sinistres, comme les pertes de contrôle total en vol, rendent toute survie impossible. Par exemple, le vol Air France 447 en 2009 s'est abîmé dans l'Atlantique après une perte de contrôle : tous les occupants ont péri lors de l'impact violent.
Temps de réponse
À l'inverse, lors du vol United Airlines 232 en 1989 (DC-10), une panne hydraulique totale a été gérée par l'équipage via la poussée des moteurs. Sur 296 personnes à bord, 184 ont survécu, malgré 112 victimes.
Les "vols contrôlés vers le sol" (Controlled Flight Into Terrain) offrent peu de survivants, car ils surviennent à pleine vitesse sans alerte préalable. La survie y est aléatoire : éjection de la carcasse ou protection fortuite, comme lors du crash du Boeing 747 JAL en 1985 (520 morts, 4 survivants après défaillance de la queue).
Selon l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), 90 % des accidents d'avion sont survivables, grâce aux avancées structurelles : matériaux ignifugés, sièges antichocs, issues de secours optimisées, extincteurs performants et formation des équipages. Chaque amélioration découle d'analyses post-accident par les autorités et constructeurs.
Ceintures, positions de brace, évacuation
Dans les accidents anticipés, attachez fermement votre ceinture et adoptez la position de sécurité (brace position). Écoutez les consignes et localisez votre sortie la plus proche : cela double vos chances en cas de feu ou de fumée.
Les hôtesses et stewards, formés en premier ligne, guident l'évacuation. Privilégiez un siège près d'une issue, mais agissez vite pour éviter la panique. Les normes aéroportuaires assurent l'arrivée des pompiers en 3 minutes.
Selon Boeing, deux tiers des accidents mortels (2006-2015) surviennent au sol, au décollage ou à l'atterrissage. Restez vigilant : gardez chaussures et vêtements adaptés, écoutez attentivement les briefings sécurité. Cela peut sauver des vies.
Source et adaptation : Marc Lebailly, expert en sécurité aérienne
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