Michiel Dusselier, chercheur à la KU Leuven, a développé un procédé innovant pour rendre la production de bioplastiques plus respectueuse de l'environnement.
Pensez-vous que Michiel mérite le prix du public ? Alors votez pour lui !
Vers le sondageLe PLA est déjà utilisé dans les emballages de légumes et les gobelets compostables. Il est également idéal pour les applications médicales, comme les sutures et les vis qui se décomposent d'elles-mêmes après un certain temps. L'acide polylactique (PLA) est un bioplastique issu du sucre. Par exemple, le sucre de betterave ou de maïs est fermenté en acide lactique, les briques de base du PLA. Malheureusement, sa production est plus coûteuse que celle des plastiques pétroliers classiques.
"C'est dû à plusieurs étapes", explique Dusselier. "D'abord, les molécules d'acide lactique sont polymérisées à haute température et sous vide pour former un pré-plastique de faible qualité. Ensuite, ce pré-plastique est dépolymérisé en dimères d'acide lactique, chacun composé de deux molécules."
Fabriquer un mauvais plastique puis le décomposer n'est pas efficace. De plus, le procédé classique requiert des métaux catalyseurs et génère beaucoup de déchets. Pour y remédier, Dusselier a adapté un concept de la pétrochimie : les zéolithes, minéraux poreux. "Les dimères du PLA se forment dans les pores des zéolithes. En choisissant la bonne taille de pores, seuls les petits dimères se forment, pas les gros enchevêtrements de pré-plastique."
Le résultat : un processus sans métaux, avec moins de déchets, plus économique et efficace. "Nous atteignons 97 % d'efficacité : 97 % de l'acide lactique est converti en PLA", précise Dusselier. Le brevet a été acquis par un géant de la pétrochimie, qui l'a optimisé. "Mais le PLA n'est pas prioritaire pour eux actuellement, donc l'industrialisation prendra du temps."
Dusselier sait que le PLA ne remplacera pas tous les plastiques, mais voit un fort potentiel. "Il est parfait pour l'impression 3D, sans odeur. Avec la démocratisation des imprimantes domestiques, son marché explosera."
Il affine le procédé PLA et supervise des recherches pour de nouvelles propriétés. "Nous rendons notre variante plus robuste et ignifuge pour les ordinateurs, ou plus biodégradable pour disparaître vite en nature."
Bio
Michiel Dusselier est bio-ingénieur diplômé de la KU Leuven (2009), doctorant en 2013, puis post-doc au Caltech, et aujourd'hui chercheur post-doctoral à la KU Leuven.
Michiel est nominé pour l'Eos Pipet 2016, notre prix du jeune scientifique le plus prometteur.