Un caillot sanguin dans le plus petit vaisseau du cerveau peut modifier le comportement, d'après une étude menée sur des rats.

Un simple caillot dans un capillaire cérébral suffit à perturber le cerveau et le comportement.
Le cerveau humain est densément irrigué par des vaisseaux sanguins. À la surface, on compte près de deux douzaines de capillaires par millimètre carré. Des chercheurs américains ont démontré que l'obstruction d'un seul de ces capillaires impacte le tissu neural et altère le comportement.
Dans leur expérimentation, ils ont utilisé un laser pour coaguler précisément le sang dans un unique vaisseau chez des rats. Une semaine plus tard, des micro-lésions étaient visibles au site du caillot, similaires à celles observées lors d'autopsies de patients déments. Ces lésions, trop petites pour être détectées par IRM standards (résolution ~1 mm), échappent aux examens courants.
Pour évaluer l'impact comportemental, les scientifiques ont entraîné des rats assoiffés à sauter entre plateformes dans l'obscurité pour atteindre de l'eau. Les rats sautaient si la cible était accessible via museau, patte ou moustaches.
Chaque moustache étant contrôlée par une zone cérébrale spécifique, l'entraînement s'est focalisé sur une seule moustache. En bloquant le vaisseau alimentant cette zone, les rats ne sautaient plus que si la plateforme était détectable par museau ou patte.
Publiée dans Nature Neuroscience, cette étude plaide pour une amélioration de la résolution des IRM afin de détecter ces micro-lésions. Positivement, la mémantine – médicament anti-Alzheimer – atténue les effets : les rats traités sautaient normalement et présentaient moins de dommages cérébraux. (ev)
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