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Le requin à collerette : 6 faits fascinants sur ce fossile vivant des abysses

Les humains rencontrent rarement le requin à collerette (Chlamydoselachus anguineus), mais chaque rencontre fait les gros titres. Ce prédateur évoque un véritable serpent de mer avec son corps anguilleux et sa bouche armée de dents terrifiantes.

Il tire son nom de son apparence unique

Le requin à collerette : 6 faits fascinants sur ce fossile vivant des abysses

Le nom commun "requin à collerette" fait référence à ses branchies formant une frange rouge autour de son cou. Chez C. anguineus, la première paire de branchies encadre complètement la gorge, contrairement aux autres requins.

Le nom scientifique Chlamydoselachus anguineus évoque son corps serpentin : "anguineus" signifie "serpent" en latin. Il capture ses proies comme un serpent en frappant, grâce à son long corps abritant un foie immense riche en huiles légères. Son squelette cartilagineux peu calcifié lui permet de flotter immobile en profondeur. Ses nageoires pelviennes facilitent l'attaque de calmars, poissons osseux et autres requins. Ses mâchoires, situées à l'arrière de la tête, s'ouvrent largement pour avaler une proie deux fois plus petite que lui.

Il possède environ 300 dents

Le requin à collerette : 6 faits fascinants sur ce fossile vivant des abysses

Ses branchies duveteuses paraissent douces, mais son museau court abrite environ 300 dents disposées en 25 rangées. En forme de trident et tournées vers l'arrière, elles empêchent toute évasion des proies.

Blanches et contrastant avec son corps brun-gris, ces dents attirent peut-être les proies. Sa tête large et aplatie, ses nageoires arrondies et son corps sinueux ont inspiré les légendes de serpents de mer.

Il se reproduit très lentement

La gestation du requin à collerette peut durer jusqu'à 3,5 ans, la plus longue chez les vertébrés. Vivipare aplacentaire, il n'a pas de saison de reproduction marquée. Les petits se nourrissent du vitellus in utero et naissent après 2 à 15 par portée, mesurant 40 à 60 cm. Les mâles mûrissent à 1-1,2 m, les femelles à 1,3-1,5 m, atteignant 2 m à l'âge adulte.

Il ne menace pas l'homme (sauf les chercheurs)

Le requin à collerette : 6 faits fascinants sur ce fossile vivant des abysses

Présent dans l'Atlantique et le Pacifique, sur les plateaux et pentes continentaux, il vit entre 120 et 1 280 m de profondeur, loin des baigneurs. Observé in situ pour la première fois en 2004 au large des États-Unis. Capturé accidentellement par la pêche industrielle, il endommage les filets.

Non dangereux, il blesse toutefois les scientifiques avec ses denticules dermiques en forme de ciseaux.

Son abondance est inconnue

Rarement observé en profondeur, ses spécimens capturés ne survivent pas longtemps. La pêche profonde menace cette espèce lente. L'UICN le classe "Quasi-menacé" ou "Préoccupation mineure".

Pas le seul "fossile vivant"

Le requin à collerette : 6 faits fascinants sur ce fossile vivant des abysses

Surnommé "fossile vivant", il n'a guère évolué depuis 80 millions d'années, s'adaptant aux abysses post-extinction des dinosaures.

Le requin-gobelin (Mitsukurina owstoni) projette sa mâchoire pour saisir ses proies ; dernier survivant des Mitsukurinidae (125 Ma). Le requin fantôme s'est séparé des autres requins il y a 300 Ma et est parfois vendu comme "whitefish".

Faits saillants sur le requin à collerette

  • Nom : Requin à collerette
  • Nom scientifique : Chlamydoselachus anguineus
  • Autres noms : Requin volant, requin soyeux, requin échafaudage, requin lézard
  • Caractéristiques : Corps anguilleux, branchie froufroutante sous la tête, 25 rangées de dents
  • Taille : Jusqu'à 2 m
  • Durée de vie : Inconnue
  • Habitat : Océans Atlantique et Pacifique, 120-1 500 m
  • Royaume : Animalia
  • Embranchement : Chordata
  • Classe : Chondrichthyes
  • Statut UICN : Quasi-menacé
  • Régime : Carnivore
  • Fait insolite : Frappe comme un serpent, fossile antédiluvien, gestation >3 ans

Sources

  • Compagno, L.J.V. (1984). FAO Species Catalogue. Sharks of the World. FAO. pp. 14-15.
  • Last, P.R. & Stevens, J.D. (2009). Australia's Chondrichthyans. CSIRO Publishing.
  • Smart, J.J. et al. (2016). "Chlamydoselachus anguineus". The IUCN Red List of Threatened Species 2016.
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