Les arbres à travers le globe sont vulnérables à une légère augmentation de la sécheresse, menaçant les forêts mondiales.

Qu'ils croissent en forêt tropicale humide ou en savane africaine, une légère hausse de la sécheresse pose des risques majeurs pour la plupart des espèces d'arbres. C'est ce que révèle une équipe internationale de scientifiques dans la revue Nature.
Les arbres transportent en continu l'eau des racines vers les cimes, parfois sur des dizaines de mètres, via le xylème, un réseau de vaisseaux ligneux. L'évaporation par les stomates des feuilles génère une aspiration similaire à celle d'une paille. Cependant, en cas de sécheresse excessive, l'air pénètre dans le xylème, obstruant les vaisseaux. Si trop de conduits se bouchent, l'arbre meurt.
La résistance varie selon les espèces. Une étude sur 226 espèces d'arbres à 81 sites climatiques divers a montré que les espèces des zones arides ont un xylème plus résistant, mais 70 % des espèces testées – qu'elles soient en zones humides ou sèches – sont au seuil critique : une légère sécheresse suffit à causer une embolie mortelle.
« Les arbres doivent compromis entre sécurité hydrique et croissance optimale », explique Steven Jansen, de l'Université d'Ulm et co-auteur principal. « Ils prennent des risques calculés. »
Des puits de CO2 à des sources de CO2
Ces résultats expliquent les mortalités massives dans les forêts sèches comme humides : Alpes suisses, Forêt de Bohême, Espagne, Italie, Croatie, Canada (Rocheuses), Sénégal et Amazonie. Les forêts émettent alors plus de CO2 qu'elles n'en absorbent, comme observé en Amazonie lors des sécheresses de 2005 et 2010.
Steven Jansen tempère : « La vulnérabilité ne dépend pas seulement du xylème. Certaines espèces refonctionnalisent les vaisseaux embolisés, s'enracinent plus profondément, stockent l'eau ou migrent. L'issue dépendra de la vitesse du changement climatique et de leur adaptabilité. »