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Bactéries résistantes aux antibiotiques : similitudes alarmantes chez les seniors, poulets et porcs (étude UGent)

Les mêmes bactéries résistantes aux antibiotiques sont largement présentes chez les résidents de maisons de retraite, les poulets de chair et les porcs, selon une étude menée par Karel Jacobs de l'Université de Gand (2012).

Bactéries résistantes aux antibiotiques : similitudes alarmantes chez les seniors, poulets et porcs (étude UGent)

Similitudes frappantes entre humains, poulets et porcs

Karel Jacobs, lauréat du prix du meilleur mémoire de master sur la résistance aux antibiotiques décerné par l'AMCRA (centre belge d'expertise sur l'antibiorésistance animale), a analysé des échantillons d'excréments provenant d'une maison de retraite et d'élevages de poulets et de porcs près d'Aalter. Il s'est concentré sur Escherichia coli résistant aux antibiotiques. Les profils de résistance observés chez l'humain, le poulet et le porc présentaient des similitudes marquées.

Les résistances considérées comme « critiques » par l'OMS pour la médecine humaine, comme les céphalosporines de 3e et 4e générations et les fluoroquinolones, étaient particulièrement fréquentes. « La résistance aux fluoroquinolones a été plus élevée que prévu », note Jeroen Dewulf (UGent), superviseur de l'étude. Des résistances aux tétracyclines et aux aminosides étaient aussi courantes : 97 % chez l'humain, 100 % chez le poulet et 93 % chez le porc.

Les bactéries multirésistantes abondaient : 66 % chez les personnes âgées, 82 % chez les poulets et 91 % chez les porcs.

Des nouvelles encourageantes émergent toutefois : aucune résistance aux carbapénèmes ni aux polymyxines, antibiotiques de dernier recours. Une résistance à la tigécycline et à la fosfomycine a été détectée chez les animaux, mais sans lien direct avec une utilisation illégale, selon Dewulf : « Certains antibiotiques partagent des mécanismes, induisant des résistances croisées. »

Une vigilance accrue nécessaire

L'usage intensif des antibiotiques en médecine humaine et en élevage favorise le développement rapide de résistances, rendant certaines infections intraitables. Le transfert se produit via la viande crue, les œufs ou les légumes fertilisés au fumier animal. Les gènes de résistance peuvent se propager à d'autres bactéries pathogènes dans l'environnement.

Après une baisse de 6,5 % en 2012-2013, l'utilisation d'antibiotiques en élevage belge a augmenté de 1 % en 2014, dont +3,2 % pour les plus critiques. « Résultat décevant, sans lien avec une épidémie exceptionnelle. L'attention faiblit », alerte Dewulf, président de l'AMCRA.

Un article détaillé est paru dans Eos n°4, 2012.


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