Les bactéries intestinales des abeilles se transmettent mutuellement leur résistance aux antibiotiques.

Des biologistes ont analysé la flore intestinale des abeilles, très similaire à celle des humains, en comparant des spécimens de Norvège et de l'État américain de l'Arizona. En Norvège, l'utilisation des antibiotiques en agriculture, que ce soit dans l'élevage ou la culture fruitière, reste très limitée. Aux États-Unis, même les fermes biologiques recourent parfois à des antibiotiques comme la tétracycline, substance étudiée ici pour sa résistance.
Les résultats révèlent des écarts significatifs : les abeilles américaines présentent un niveau élevé de résistance, avec pas moins de six mutations distinctes, même chez celles n'ayant pas été exposées directement à la tétracycline depuis des années. En Norvège, cette résistance est bien plus faible, limitée à une seule mutation.
Selon les chercheurs, les bactéries intestinales échangent leurs gènes de résistance, expliquant sa persistance dans la flore des abeilles. Ce transfert génétique s'accélère dans des environnements à forte prévalence de résistance. Les bactéries intestinales, essentielles à l'hôte, sont moins sujettes à la sélection naturelle, même lorsqu'elles deviennent résistantes.
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