Bactéries intestinales comme Enterococcus deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques. Une partie de cette résistance remonte à l'époque des premiers animaux terrestres.

La résistance alarmante de nombreuses bactéries pathogènes, particulièrement dans les hôpitaux, résulte principalement de la surutilisation des antibiotiques en médecine humaine et en élevage. Cependant, cela n'explique pas tout : pourquoi certaines bactéries résistent-elles si bien, tandis que d'autres sont facilement éradiquées ?
Des généticiens américains ont reconstitué l'histoire évolutive du genre Enterococcus, une bactérie présente dans l'intestin de la plupart des espèces animales, y compris l'humain. Inoffensifs dans l'intestin, ils deviennent dangereux s'ils pénètrent dans la circulation sanguine, provoquant des infections potentiellement mortelles. De nombreux hôpitaux luttent contre des souches multirésistantes.
Grâce à des analyses génétiques comparatives, les chercheurs ont remonté 450 millions d'années en arrière, à l'époque où les poissons colonisaient la terre ferme et où les premiers amphibiens et reptiles apparaissaient. Les ancêtres de ces animaux abritaient déjà des Enterococcus dans leur intestin. À chaque spéciation animale, une nouvelle lignée bactérienne émergeait. Ainsi, Enterococcus s'est particulièrement adapté aux conditions terrestres, marquées par la sécheresse et la rareté des nutriments, contrairement à l'environnement marin.
Cette adaptation ancestrale explique en partie la robustesse actuelle des Enterococcus face aux désinfectants, antibiotiques et agents attaquant leur structure cellulaire.
[]