Les oiseaux possèdent un cerveau de petit volume, mais doté d'une densité neuronale exceptionnelle.

Oubliez l'expression "avoir la cervelle d'un poulet" : bien que le cerveau de la plupart des oiseaux soit beaucoup plus petit que celui des mammifères, il contient plus de neurones.
De nombreuses espèces aviaires font preuve de remarquables capacités cognitives. Elles résolvent des problèmes complexes, utilisent des outils comme des brindilles ou des pierres, se reconnaissent dans un miroir et planifient l'avenir. Jusqu'à récemment, ces aptitudes étaient réservées aux primates, incluant singes et humains.
Comment expliquer alors la petite taille du cerveau aviaire moyen ? Celui d'un perroquet est à peine plus gros qu'une noix décortiquée, contre un citron pour un macaque. Certains scientifiques hypothétisaient une organisation neuronale plus efficace chez les oiseaux, avec des circuits différents de ceux des primates. Cette idée a été infirmée il y a deux ans par des études sur le cerveau de pigeons, révélant des circuits similaires.
Une équipe de biologistes américains et est-européens propose une explication alternative : les cerveaux d'oiseaux figurent parmi les plus compacts du règne animal, grâce à une haute densité de neurones, particulièrement dans les régions antérieures comme le cortex préfrontal. Leurs analyses sur vingt espèces – du diamant mandarin au grand émeu – montrent que le cerveau d'un oiseau moyen compte autant de neurones qu'un primate de taille moyenne. Chez les oiseaux, c'est la densité, non la taille, qui prime.

Crédit : Suzana Herculano-Houzel
Ce n'est pas la taille du cerveau, mais la densité de ses neurones qui détermine l'intelligence des oiseaux.
Les chercheurs notent que le lien direct entre densité neuronale et intelligence reste à confirmer, mais leurs travaux illustrent la diversité des voies évolutives pour une matière grise sophistiquée. Des neurones plus petits et courts permettent d'en packer davantage dans un crâne réduit.
[]