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Gorilles de montagne : un génome résilient malgré une population rare

Le génome des gorilles de montagne révèle une résilience surprenante.

Gorilles de montagne : un génome résilient malgré une population rare

Il ne reste qu'environ 480 gorilles de montagne dans les montagnes des Virunga, à la frontière du Rwanda, de la République démocratique du Congo et de l'Ouganda. Pourtant, ces animaux vivent en petites populations depuis des milliers d'années sans subir les effets néfastes de la consanguinité. C'est ce que démontre une analyse approfondie de leur génome, publiée dans la revue Science.

Une équipe internationale de scientifiques a séquencé le génome complet de sept gorilles de montagne pour évaluer l'impact de leur faible effectif. En 1981, leur nombre était tombé à environ 250 individus. Dans de telles petites populations, la consanguinité favorise l'accumulation rapide de mutations génétiques délétères.

Les chercheurs ont toutefois observé que les mutations les plus dommageables – celles qui empêchent un gène de fonctionner correctement – ont disparu de la population des gorilles de montagne. Elles sont plus fréquentes dans les populations plus importantes d'autres gorilles. « Ces mutations peuvent être très nocives, voire mortelles, pour un gène essentiel », explique Aylwyn Scally, de l'Université de Cambridge. « Pour cela, il faut souvent porter deux copies défectueuses du gène. Dans une petite population, la probabilité que deux porteurs s'accouplent augmente, ce qui est souvent fatal pour la descendance, éliminant ainsi la mutation. Dans les grandes populations, un porteur s'accouple plus souvent avec un individu sain, permettant à la mutation de persister. »

Cependant, un pool génétique limité rend ces gorilles vulnérables aux maladies, notamment celles transmises par l'homme. Leur variation génomique indique néanmoins une stabilité en petites populations de quelques centaines d'individus depuis des millénaires. « Le génome agit comme un "fossile biologique", révélant l'évolution de la taille des populations », déclare le chercheur principal, Chris Tyler-Smith, du Wellcome Trust Sanger Institute. « Il y a 20 000 à 30 000 ans, leur nombre n'excédait guère 1 000 individus. »

Cette découverte inspire l'espoir : la rareté n'implique pas l'extinction imminente. « Il est difficile de définir une limite critique », tempère Scally. « La survie se complique à mesure que les populations rétrécissent, mais les gorilles de montagne n'ont pas atteint le point de non-retour. Avec une protection accrue de leur habitat – un défi majeur dans la région – ils pourraient avoir un avenir prometteur. » (ddc)

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