La recherche génétique apporte un espoir pour la conservation des orangs-outans.

Les orangs-outans de Sumatra présentent une grande diversité génétique, malgré une forte diminution récente de leur population. En protégeant les corridors forestiers utilisés comme voies de migration, il est possible de préserver cette diversité et l'espèce elle-même.
C'est la conclusion d'une étude menée par des scientifiques suisses, dont des chercheurs de l'Institut et du Musée d'anthropologie de l'Université de Zurich. Ils ont analysé l'ADN extrait de poils, d'excréments d'orangs-outans sauvages et de matériel génétique provenant d'animaux confisqués, autrefois détenus illégalement comme animaux de compagnie. Sur la côte ouest de l'île, la variation génétique s'avère particulièrement élevée, bien que seulement 400 individus y subsistent aujourd'hui. Cela suggère une population bien plus importante il y a peu.
La déforestation massive menace gravement ces primates. On estime à 6 600 le nombre restant d'orangs-outans à Sumatra. L'analyse révèle des sous-populations isolées par de grands fleuves et des montagnes, comptant souvent quelques centaines d'individus, avec un risque d'endogamie. Cependant, des échanges génétiques récents ont été détectés entre ces groupes : les mâles parcourent de longues distances pour trouver une compagne. Une zone d'altitude servant de corridor migratoire a aussi été identifiée. Protéger ces zones pourrait encore sauver l'espèce, concluent les experts. L'étude est publiée dans le Journal of Heredity (2020).