Une barrière naturelle, comme une chaîne de montagnes ou une rivière, peut séparer les populations d'une même espèce et les mener sur des voies évolutives distinctes. Mais une telle barrière spatiale n'est pas toujours nécessaire : une simple différence de comportement suffit souvent.

Les chercheurs de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique démontrent que des coléoptères peuvent s'isoler et diverger en nouvelles espèces grâce à des modes de vie appris et distincts.
L'émergence de nouvelles espèces fascine toujours les biologistes évolutionnistes, comme l'illustrait déjà Charles Darwin dans son ouvrage fondateur. Classiquement, une barrière physique ou artificielle sépare deux populations, favorisant leur divergence génétique.
Mais est-ce indispensable ? Des biologistes belges de l'Institut royal des Sciences naturelles de Bruxelles apportent une réponse nuancée. Ils ont observé que des populations de coléoptères Pogonus chalceus s'isolent par leurs comportements seuls, posant les bases de la spéciation.
Ces coléoptères vivent dans les marais salants de Guérande, près de l'embouchure de la Loire, en France. Deux groupes coexistent à quelques mètres l'un de l'autre :
En laboratoire, les chercheurs ont recréé ces conditions. Les comportements se manifestent dès le stade larvaire, indépendamment de l'origine parentale. Ainsi, les populations développent des habitats distincts, limitant les échanges et favorisant les différences génétiques.
"Les populations ne se mélangent plus, et leurs gènes diffèrent déjà, notamment pour la longueur des ailes. À long terme, cela peut mener à deux variétés distinctes", explique Frederik Hendrickx, chercheur à l'Institut.
Source : Frederik Hendrickx, Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, En évolution.
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