Là où la vie abonde, le réseau trophique est souvent le plus complexe. Une étude à grande échelle sur les chenilles et leur risque de prédation le démontre clairement.


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Les zones tropicales, comme les forêts équatoriales, sont réputées pour leur riche biodiversité, contrairement aux régions polaires ou montagneuses. Pourtant, proies et prédateurs pullulent partout. Une équipe internationale de biologistes a étudié l'impact de la latitude et de l'altitude sur une même espèce de chenille, présente sur tous les continents sauf l'Antarctique.
Les chercheurs ont fabriqué des leurres en pâte à modeler verte imitant ces chenilles, placés du sud extrême (Afrique du Sud, Amérique du Sud, Australie) aux zones tempérées, équatoriales, jusqu'au nord (Canada, Russie, Norvège). Ils ont mesuré la probabilité d'attaque par un prédateur sur 18 jours, en distinguant plaines basses et hauteurs montagneuses.
Les résultats sont éloquents : à chaque degré de latitude éloigné de l'équateur, le risque de prédation diminue de 2,7 %. Les chenilles des régions polaires sont ainsi bien plus en sécurité que celles des tropiques. De plus, chaque 100 mètres d'altitude supplémentaire réduit ce risque jusqu'à 6,6 %.
Cette pression prédatrice explique probablement pourquoi le cycle reproductif des chenilles – et de nombreuses espèces – est plus court à l'équateur qu'aux pôles.
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