Pendant les trois prochains mois, la ville d'Eindhoven expérimente des aspirateurs géants capables de capturer les particules fines polluantes de l'air. Entretien avec Bert Blocken, physicien en ingénierie du bâtiment et expert en aérodynamique à l'Université de technologie d'Eindhoven (TU/e).
Trente aspirateurs haute performance ont été installés dans un vaste parking souterrain du centre-ville. Leur emplacement a été choisi avec soin : « Il faut placer les filtres là où les particules s'accumulent », explique Bert Blocken, ingénieur en structures à la TU/e. « Ce garage, entouré de grands bâtiments, piège l'air pollué, en faisant un site idéal. »
« Un auvent est parfait pour capter l'air pollué. La technologie existe, pourtant personne ne l'utilise encore. » Bert Blocken
Ces aspirateurs reposent sur le principe de l'ionisation. « Les modules, de 3,5 m x 50 cm x 80 cm, intègrent des électrodes et une plaque mise à la terre. Les particules fines sont aspirées, chargées positivement par les électrodes, puis attirées vers la plaque négativement chargée. »
« Ce sont de véritables aspirateurs performants. Après une heure, la plaque est déjà noircie. Un nettoyage tous les quinze jours suffit. Nos études sur les garages d'Eindhoven montrent que ces installations améliorent non seulement la qualité de l'air à l'intérieur, mais aussi dans les environs immédiats. »

Des modélisations informatiques réalisées par Bert Blocken indiquent que cette technologie pourrait diviser par deux la concentration de poussières fines en ville. « Ce test à Eindhoven vérifiera si ces prévisions se confirment en conditions réelles. »
Cette approche peut-elle être étendue ? Par exemple, canaliser les gaz d'échappement d'une rocade entière vers des stations d'épuration grâce au vent ?
« Absolument. Idéalement, ces rocades seraient couvertes, comme à Anvers ou ailleurs en Europe. Un toit piège parfaitement l'air pollué. Nos calculs montrent que des installations aux bouches de tunnels élimineraient 80 à 90 % des particules. La science et la technologie sont prêtes, les contacts avec les autorités établis. Pourtant, rien n'avance. Incompréhensible. »
[]