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L’arbre phylogénétique des poissons-archers : clé pour percer leur évolution unique

À la chasse dans les marécages, embouchures de rivières et eaux côtières saumâtres, les poissons-archers capturent des insectes avec une précision chirurgicale. Sans flèches, ils projettent des jets d’eau de plus d’un mètre pour abattre leurs proies volantes. Malgré leur popularité en zoos et comme animaux d’aquarium, l’évolution de ces tireurs d’élite aquatiques reste peu étudiée.

Dans une étude publiée le lundi dans Integrative Organismal Biology, des ichtyologistes de l’Université du Kansas ont exploré les origines des espèces de poissons-archers et la divergence de leur famille. Longtemps débattue en ichtyologie, la classification de ces poissons a été clarifiée en analysant les minuscules os impliqués dans leur tir unique, révélant un arbre évolutif inattendu de l’Asie à l’Australie.

« Nous avons examiné leurs liens phylogenétiques et nous sommes demandé : comment ce mécanisme de crachat a-t-il évolué ? », déclare l’auteur principal, Matthew Girard, dans un communiqué. « Pour la première fois, nous proposons une hypothèse sur les relations entre toutes ces espèces d’archers. »

L’arbre phylogénétique des poissons-archers : clé pour percer leur évolution unique

Les chercheurs ont reconstruit un arbre phylogénétique via des analyses génétiques moléculaires et anatomiques. Cela a permis de retracer l’émergence de leur capacité à projeter l’eau. Toutes les espèces présentent des rainures palatines et des plaques dentaires hypertrophiées, formant un tube semblable à un canon de pistolet à eau pour viser les proies aériennes.

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Les poissons-archers sont étroitement apparentés au beachsalmon, tant génétiquement que morphologiquement. Les structures buccales similaires suggèrent une cooptation de traits ancestraux pour le tir aqueux.

Cependant, le beachsalmon ne maîtrise pas ce tir précis. « Ce n’est pas parce que d’autres poissons déplacent de l’eau comme l’archerfish », explique le co-auteur Leo Smith. « C’est comme mettre une trompette dans sa bouche : on peut souffler, mais pas comme Miles Davis. Une spécialisation extraordinaire pour chasser des insectes. »

Cette étude ouvre des perspectives : données génétiques et anatomiques, dispersion géographique et ramifications phylogénétiques aideront à déterminer le nombre exact d’espèces chez ces champions marins.

L’arbre phylogénétique des poissons-archers : clé pour percer leur évolution unique


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