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Reptiles et amphibiens : la clé pour percer les secrets de la longévité humaine ?

En matière de longévité, les reptiles et amphibiens fascinent les scientifiques depuis longtemps. Les tortues des Galápagos, les tortues-boîtes orientales, les olms (salamandres troglodytes) et d'autres espèces vivent souvent plus d'un siècle. Le doyen des animaux terrestres, la tortue géante des Seychelles nommée Jonathan, a célébré son 190e anniversaire récemment.

Jusqu'ici, les preuves reposaient souvent sur des observations anecdotiques en zoos, explique Beth Reinke, biologiste à la Northeastern Illinois University de Chicago. Avec plus de 100 chercheurs internationaux, elle a analysé les taux de vieillissement de 77 espèces de reptiles et amphibiens sauvages. L'étude, née de la réputation des tortues, visait à évaluer l'ampleur de ce phénomène.

Les résultats montrent une variabilité, mais tortues, crocodiliens et salamandres vieillissent lentement avec une espérance de vie exceptionnelle relative à leur taille. Une équipe danoise a corroboré ces findings sur 52 espèces en captivité : 75 % présentent une sénescence lente ou négligeable, 80 % vieillissant plus lentement que les humains.

Publiés le 23 juin dans Science, ces travaux challengent l'idée d'une sénescence universelle – déclin progressif des fonctions corporelles post-maturité augmentant la mortalité. « Excellents travaux ajoutant une couche à notre compréhension de la sénescence dans l'arbre du vivant », commente Rob Salguero-Gómez, écologiste à Oxford.

Reptiles et amphibiens : la clé pour percer les secrets de la longévité humaine ?

L'analyse de Reinke s'appuie sur des études longitudinales (moyenne 17 ans, >190 000 individus) couvrant tortues, grenouilles, salamandres, crocodiliens, serpents, lézards et tuataras. Le vieillissement est mesuré par l'évolution de la mortalité post-maturité ; l'espérance de vie par le temps pour 95 % des adultes à mourir.

Attention : ces mesures incluent toutes causes de mortalité en nature, pas seulement physiologiques, précise Reinke.

Comparés aux oiseaux et mammifères endothermiques, les ectothermes (à sang froid) montrent des résultats mixtes : certains vieillissent plus lentement grâce à un métabolisme réduit, d'autres plus vite. Longévité : 1 à 137 ans (vs 4-84 chez primates).

Des espèces à sénescence négligeable émergent, surtout chez tortues. Carapaces, armures ou venin favorisent longévité ; reproduction tardive aussi. Reptiles en zones chaudes vieillissent vite, amphibiens lentement.

« De nombreux patterns intrigants à explorer. Les ectothermes détiennent peut-être des réponses pour le vieillissement humain », dit Reinke. Salamandres prometteuses : longévité/Taille élevée + régénération de membres.

Reptiles et amphibiens : la clé pour percer les secrets de la longévité humaine ?

L'équipe danoise a étudié reptiles captifs. « Théories prédisent hausse mortalité post-maturité, énergie vers reproduction », explique Rita da Silva, Université du Danemark du Sud. Croissance continue (tortues) idéale contre sénescence.

Données (58 à milliers d'individus) : mortalité stable ou décroissante ; mâles > femelles (inverse mammifères). Captivité ralentit vieillissement vs sauvage.

« Ils minimisent sénescence en conditions optimales », note da Silva. Implications humaines ? Prudence requise, mais avancées sur mécanismes.

Ces études soulignent la diversité du vieillissement. « Valeur au-delà biomédecine : place dans l'arbre du vivant, pas tout humain-centré », conclut Salguero-Gómez.

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