Si la distance entre le Soleil et la Terre avait été inférieure de 5 % à celle actuelle, un effet de serre incontrôlable aurait rendu notre planète inhabitable. Cette conclusion provient d'un modèle climatique avancé développé par une équipe de climatologues français et américains, publié cette semaine dans la revue Nature. Cette simulation en trois dimensions tempère les estimations optimistes sur le nombre de planètes habitables dans la Voie lactée.

La vie, pour autant que nous le sachions, dépend de l'eau liquide. La Terre en regorge, mais si elle recevait 10 % de rayonnement solaire supplémentaire, cette eau deviendrait un piège. Une température plus élevée augmente la vapeur d'eau dans l'atmosphère, amplifiant l'effet de serre en un cercle vicieux.
Les estimations précédentes reposaient sur des modèles atmosphériques unidimensionnels, ne tenant compte que des variations verticales de température, sans intégrer les dynamiques horizontales ni l'effet refroidissant potentiel des nuages, simplifié pour ces calculs.
Le nouveau modèle tridimensionnel intègre ces facteurs avec précision. Contrairement aux modèles antérieurs, qui prédisaient des nuages bas favorisant le refroidissement, il montre une formation de nuages hauts (cirrus), piégeant davantage de chaleur et aggravant le réchauffement.
Ainsi, pour une planète océanique comme la Terre, la zone habitable de notre système solaire commence à environ 142 millions de kilomètres du Soleil, soit seulement 5 millions de kilomètres à l'intérieur de l'orbite terrestre actuelle (149 millions de km en moyenne). D'autres modèles plus optimistes suggéraient une zone bien plus étendue, potentiellement jusqu'à la moitié de cette distance.
Cela impliquait qu'un quart des étoiles semblables au Soleil dans la Voie lactée pourraient abriter une planète habitable. Le modèle amélioré divise cette estimation par deux, soulignant la précarité de notre position.