Les scientifiques remettent en question l'origine cométaire de l'eau terrestre : les astéroïdes pourraient en être la source principale, selon l'analyse de la comète 67P par la mission Rosetta.

L’eau des océans ne viendrait pas des comètes, mais des astéroïdes. Telle est la conclusion des chercheurs suisses après l'étude de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko par la sonde Rosetta.
Depuis des décennies, l'origine de l'eau sur Terre intrigue les experts. La mission Rosetta, lancée par l'Agence spatiale européenne, a fourni des données précieuses. En novembre 2014, elle a posé l'atterrisseur Philae sur la comète. Parallèlement, le spectromètre de masse ROSINA a analysé sa composition chimique au niveau atomique, y compris celle de la vapeur d'eau émanant de son manteau.
Des chercheurs de l'Université de Berne (Suisse) ont mesuré le rapport hydrogène-deutérium (D/H) : trois fois plus élevé sur 67P que dans les océans terrestres. Rappelons que le deutérium est un isotope lourd de l'hydrogène, comportant un proton, un neutron et un électron.
Au contraire, la comète 103P/Hartley 2 présente un rapport D/H similaire à celui de l'eau terrestre, alimentant jadis l'hypothèse cométaire. Les résultats sur 67P, publiés dans Science, orientent désormais vers les astéroïdes comme source probable.
Les raisons de ces variations entre comètes apparentées restent inexpliquées. Les auteurs suspectent des origines distinctes dans le Système solaire primitif.