Des éléphants et des rhinocéros auraient pu peupler l'Europe sans l'impact humain.

Les grands mammifères se concentrent aujourd'hui en Afrique en raison de l'action destructrice des humains, affirment des scientifiques danois. Dans la revue Diversity and Distributions, ils imaginent un monde sans Homo sapiens.
Sans nous, loups, orignaux et ours pulluleraient dans le nord de l'Europe, rejoints par des éléphants et des rhinocéros. Le climat et l'environnement y sont adaptés, selon les chercheurs. En s'appuyant sur les exigences écologiques et les répartitions géographiques des espèces, ils ont modélisé la distribution de 45 grands mammifères (plus de 45 kg).
La carte révèle une biodiversité exceptionnelle dans les Amériques. « La plupart des safaris se déroulent en Afrique, mais naturellement, de nombreux grands animaux vivraient au Texas, au nord de l'Argentine et au sud du Brésil », explique Soren Faurby, auteur principal de l'Université d'Aarhus.
Les rhinocéros européens seraient proches des espèces asiatiques, et l'éléphant de forêt éteint – cousin de l'éléphant d'Asie – s'y sentirait chez lui, tout comme l'ours des cavernes, le lion des cavernes et le cerf géant. Plus de lynx, chats sauvages et bisons d'Europe aussi.
Les montagnes, comme l'Afrique, abritent une grande variété d'habitats, mais y sont plus inaccessibles pour la chasse humaine. L'ours brun en témoigne : il ne survit plus qu'en zones montagneuses.
Cette étude sert de référence pour la conservation et la restauration des écosystèmes. (ddc)
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