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Les grands requins blancs confondent humains et phoques : une étude sur l'erreur d'identité visuelle

Le risque d'être tué par un requin au cours de sa vie est infime, environ 1 sur 3 700 000. Pourtant, la peur persiste chez les baigneurs, qui craignent d'être pris pour une proie. Une nouvelle étude confirme la théorie de l'« erreur d'identité » : les grands requins blancs ne chassent pas délibérément les humains.

Des biologistes britanniques et australiens ont comparé des images de phoques nageant à des vidéos d'humains (avec ou sans planche de paddle). Ils ont simulé la vision des grands requins blancs – probablement daltoniens et limités dans la perception des détails fins. Résultat : du point de vue du requin, les humains ressemblent fortement aux phoques. Ces découvertes, publiées dans le Journal of the Royal Society Interface, soutiennent l'hypothèse de l'erreur d'identité.

« Les grands requins blancs sont souvent dépeints comme des 'tueurs aveugles' amateurs de chair humaine. Or, nous ressemblons simplement à leur nourriture », explique Laura Ryan, neurobiologiste à l'Université Macquarie (Australie) et auteure principale, dans Live Science.

Malgré une vision imparfaite et une perception spatiale limitée, ces prédateurs s'appuient fortement sur le mouvement et les ombres pour détecter leurs proies. Pour recréer leur perspective, l'équipe a fixé une GoPro sur un scooter sous-marin, calé à la vitesse de chasse typique des requins. Les enregistrements, traités par modélisation informatique, révèlent une ressemblance saisissante entre humains, phoques et autres pinnipèdes.

« Je m'attendais à des similitudes, mais pas à ce point », confie Ryan à Live Science. « Même les nageurs purs, moins souvent mordus que les surfeurs, restent difficiles à distinguer d'un phoque. »

Les attaques restent rares : 57 cas non provoqués en 2020 (10 mortels), selon l'International Shark Attack File de l'Université de Floride, contre une moyenne de 80 par an (2015-2019).

« Ils se nourrissent de phoques quotidiennement, les morsures humaines sont exceptionnelles », note Catherine Macdonald, océanographe à l'Université de Miami (non impliquée), dans le New York Times. Les requins pourraient alors recourir à l'odorat pour affiner leur choix. De futures recherches sur ces sens pourraient inspirer des mesures préventives.

Comme l'affirme Ryan : « Comprendre ces morsures nous aide à les prévenir, protégeant humains et requins. »

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