FRFAM.COM >> Science >> Santé

Triangles alimentaires : découvrez les différences essentielles

Un modèle alimentaire n'est pas l'autre.

Triangles alimentaires : découvrez les différences essentielles

Un modèle alimentaire n'est pas l'autre.

Pour promouvoir une alimentation saine, scientifiques, gouvernements et ONG ont développé divers modèles éducatifs. En 1995, des experts de la Harvard Medical School ont créé un triangle alimentaire inspiré du régime méditerranéen, évolué en "Pyramide de l'alimentation saine", largement reconnue par les nutritionnistes. Elle offre une alternative au modèle du Département américain de l'Agriculture (USDA), critiqué pour son manque de rigueur scientifique au profit d'intérêts économiques (voir aussi Eos n° 6, 2011). Des scientifiques finlandais, avec les sociétés de cardiologie et diabète, ont lancé la Pyramide nordique. Des experts méditerranéens et ONG ont affiné la Pyramide méditerranéenne (consultez www.eosscience.eu/nutrition pour d'autres modèles).

Triangles alimentaires : découvrez les différences essentielles

Triangles alimentaires : découvrez les différences essentielles

En Flandre, l'Institut flamand pour la promotion de la santé et la prévention (VIGeZ) a conçu le Triangle alimentaire actif. Aux Pays-Bas, c'est le Disque des Cinq. Une comparaison révèle des différences notables : le Triangle actif ne distingue pas viandes blanches, poissons et légumineuses des viandes rouges et transformées, contrairement aux autres. "Compte tenu du lien entre consommation élevée de viandes rouges/transformées et risques cardiovasculaires ou cancers, cette distinction est essentielle", explique Patrick Mullie, expert en nutrition à la Vrije Universiteit Brussel et l'Institut international de recherche sur la prévention à Lyon. "On ne peut équivaloir bacon, steak de saumon ou tofu."

Dans Eos n° 6 (2011), nous notions les recommandations élevées pour les produits laitiers. Mullie plaide pour plus de clarté sur bonnes/mauvaises graisses et céréales complètes/raffinées, comme dans le modèle Harvard. "Notre triangle est un compromis science-commerce."

La patate chaude
Erika Vanhauwaert, nutritionniste chez VIGeZ, défend le Triangle actif comme scientifiquement solide, sans influence commerciale. Elle critique les suppléments vitaminiques (inutiles en alimentation saine) et la place proéminente des huiles saines chez Harvard : "Cela suggère une surconsommation, alors qu'elles sont caloriques."

Selon elle, le modèle priorise nutriments clés (protéines) avec précisions dans les documents téléchargeables : viandes maigres à préférer, autres à limiter. Stefaan De Henauw, expert à l'Université de Gand, note : "Seuls les diététiciens lisent ces textes. Mieux vaudrait plus de distinctions visuelles, comme chez Harvard." Vanhauwaert mentionne un essai passé (protéines animales/végétales séparées), jugé confus par le public test.

Deux camps s'opposent : simplifier pour coller aux habitudes (risque d'abandon) ou refléter fidèlement la science pour changer les comportements. "Ne pas baser le triangle sur nos habitudes pommadières !", argue Kris Verburgh, médecin et auteur de Le Sablier nutritionnel, proposant son modèle. Pommes de terre (glucides rapides) sont à limiter chez Harvard/Verburgh. Mullie nuance : "Peu caloriques vs. pâtes/riz, okay en modération avec fibres pour glycémie stable. Mais un modèle ne doit pas compromettre." Verburgh : "Ne sous-estimons pas le public : proposez alternatives et expliquez bénéfices." (Source : magazine Eos, n° 9, septembre 2012)

Triangles alimentaires : découvrez les différences essentielles

[]