Le récepteur TLR4, présent sur les cellules épithéliales et immunitaires, joue un rôle essentiel dans la réaction en chaîne menant à une réponse allergique.

Une avancée prometteuse pour les traitements contre l'asthme et les allergies : les scientifiques ont identifié le récepteur TLR4 comme un élément clé de la cascade moléculaire déclenchant les réactions allergiques.
L'asthme et les allergies, souvent qualifiés de "maladies du XXIe siècle", progressent fortement dans les pays occidentaux. En Belgique et aux Pays-Bas, 15 à 20 % de la population souffre régulièrement d'allergies, avec des chiffres alarmants chez les enfants : jusqu'à 30 % touchés et 10 % asthmatiques chroniques.
Les chercheurs explorent depuis des années le rôle du microbiote dans ces réactions. La question centrale reste : pourquoi certaines personnes développent-elles une réponse immunitaire excessive face à des substances inoffensives, contrairement à d'autres ?
Cette étude se focalise moins sur les allergènes connus (acariens, pollen, poils de chat, venin d'abeille) que sur le "moteur" qui active excessivement le système immunitaire.
Analyse des cellules dendritiques
Les cellules dendritiques (DC), vigies du système immunitaire, scrutent en permanence le corps pour détecter substances étrangères et pathogènes. Situées dans la peau et les muqueuses respiratoires, elles sont en première ligne face aux allergènes.
La hausse des allergies s'explique par une exposition insuffisante aux infections précoces, due à l'hygiène accrue, aux vaccins et antibiotiques. Bart Lambrecht, expert mondial en recherche sur l'asthme et directeur du département de recherche biomédicale moléculaire à l'Institut flamand de biotechnologie (VIB), explique : « L'éradication de maladies comme la tuberculose ou le paludisme a favorisé l'émergence des allergies et maladies auto-immunes. »
Pour prévenir : « Évitez l'hygiène excessive chez les jeunes enfants. L'exposition à la saleté, aux animaux de compagnie est bénéfique. Comme le dit l'adage : 'Old MacDonald avait une ferme, mais pas d'asthme'. »
Neutraliser les DC ? Dangereux, car cela augmenterait la vulnérabilité aux infections virales. Les DC orchestrent l'ensemble des réponses immunitaires.
Au CHU de Gand, Bart Lambrecht a identifié que le récepteur TLR4 inhibe sélectivement les réponses allergiques. En le bloquant sur les cellules épithéliales pulmonaires, les DC s'activent moins face aux allergènes, réduisant l'asthme chez les modèles animaux.
Souris sans allergie
Selon une étude de 2020 publiée dans Science par des chercheurs du Baylor College of Medicine (Houston, Texas), le TLR4 est aussi activé par les produits de dégradation du fibrinogène, protéine clé de la coagulation sanguine. Des souris génétiquement modifiées, sans dégradation du fibrinogène, résistent à tous les allergènes, y compris les spores fongiques dangereuses.
Cette découverte révèle une étape cruciale de la cascade allergique via le TLR4 et les dégradés du fibrinogène, ouvrant la voie à de nouveaux traitements ciblés contre allergies et asthme.
Bart Lambrecht confirme : « Une percée majeure. Nous soupçonnions déjà depuis 2009 que le TLR4 réagit à d'autres signaux, comme certains anticoagulants qui atténuent l'asthme. »