Les scientifiques ont réussi à supprimer une variante du VIH-1 chez les singes grâce à des anticorps humains. Cette avancée suscite de grands espoirs pour un futur vaccin chez l'homme.

Des superanticorps humains éliminent le SHIV, variant simien du VIH-1, chez les singes. Les chercheurs préparent désormais des essais cliniques chez l'homme.
Lorsqu'une personne est infectée par le VIH, le système immunitaire produit des anticorps pour combattre le virus. Cependant, le VIH mute si rapidement que ces anticorps ne parviennent pas toujours à suivre. Les superanticorps neutralisants à large spectre, efficaces contre ces mutations, n'apparaissent que chez une minorité de patients VIH chroniques, et leur développement prend du temps.
Des chercheurs ont récemment isolé ces superanticorps. Deux études publiées cette semaine dans Nature rapportent des succès remarqués : la suppression de la forme chronique du SHIV (variante simienne du VIH-1) chez des singes grâce à ces anticorps humains.
Une équipe de Harvard a administré à 18 singes rhésus chroniquement infectés par le SHIV des cocktails de superanticorps isolés chez l'homme. Le virus a disparu de la circulation sanguine, restant indétectable pendant des semaines, voire des mois, tant que les niveaux d'anticorps restaient élevés. Aucune mutation d'échappement n'a été observée. Une seconde étude, plus modeste, menée par l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) de Bethesda, a obtenu des résultats similaires en combinant deux superanticorps anti-VIH-1.
Les deux équipes recommandent des essais cliniques chez des patients humains atteints du VIH-1. Des résultats positifs pourraient relancer les espoirs d'un vaccin efficace. (rvb)
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